Il y a parfois des cas tellement odieux que l’on a du mal à en résumer les faits. Et des jugements tellement absurdes que l’on fini par douter du bon sens qui nous reste encore.
Au cours des émeutes qui ont secoué les banlieues en 2005, deux habitants de Stains -deux hommes de 60 ans dévoués au bien-être des colataires de leur cité-dortoir – veillaient d’une façon totalement pacifique sur leur local à poubelles afin que celui ne soit pas incendié et n’embrasse l’habitation où, terrorisés, de nombreux habitants vivaient cloîtrés.
Malheureusement, ce 4 novembre 2005, sans aucune explication, un jeune – Salah Alloul – s’est détaché d’un groupe d’exités et est venu frapper d’un violent coup de poing Jean-Pierre Moreau (le premier homme) puis Jean-Jacques Le Chenadec de coups de pieds à la tête. Celui-ci décédera peu après. Notons en passant que les secours ont eu le plus grand mal à se frayer un passage pour venir lui porter les premiers soins.
Après une très longue enquête (18 mois) et une dénonciation suite à sa vantardise, l’auteur des coups mortels sera arrêté. Il avouera. Plus tard, il prétendra – mais sans grande conviction et contredit par des témoins – que Jean-Jacques Le Chenadec aurait tenu des propos à caractère raciste.
Mais ce qui nous semble le plus scandaleux c’est que Nicole, la veuve, se fasse insulter quasiment quotidiennement par ces jeunes de cette cité pour laquelle son mari était dévoué (il intervenanit parfois pour désamorcer leurs éternels conflits internes), surtout, depuis le jugement qui vient de condamner Salah Alloul aux assises de Bobigny. Le jugement est stupéfiant : 5 ans de prison ! Avec les remises de peine il sortira dans peu de temps. Même son avocat, Maître Philippe Autrive, s’étonnera de la clémence du jury ! Bien entendu le condamné n’a pas fait appel.
Pauvre Nicole Le Chenadec qui aura travaillé toute sa vie et qui rêvait de passer une retraite tranquille avec Jean-Jacques, à la campagne, loin de ce qui est devenu un enfermement – sinon un enfer – pour leurs concitoyens.
Aucun élu, faut-il le préciser, n’habite ou n’habitera ce genre de cité. Pour certains, ils n’y ont même jamais mis les pieds.