Circulaire n°7 - 25 janvier 1997
Le Président de la République, en s'adressant lui-même, le 20 janvier, à la Nation sur la réforme de la Justice, confirme, s'il étaiit nécessaire, combien notre justice est malade. Nos hommes politiques ont tendance à se préoccuper de la présomption d'innocence que lorsque leur caste est menacée... Voici les principales informations :
Une émission télévisée importante
Il s'agit du Monde de Léa, l'émission de Paul Amard diffusée sur TF1, consacrée à l'Affaire Seznec et la Justice. Programmée vers 22 h 30 le Mardi 28 janvier.
Surtout ne ratez pas ce débat car Denis Seznec, invité principal, a l'intention d'y révéler, en direct, les rebondissements extraordinaires qui viennent de se produire dans l'Affaire (découverte d'un crâne humain qui nous avait été caché jusqu'ici, et reconnaissance de l'existence d'un dossier "secret" par la Justice).
Attention : un possible report de l'émission (au mardi suivant) peut avoir lieu si un événement important survenait et bouleversait l'actualité. A l'heure où nous postons cette circulaire, nous ignorons le noms des autres invités et si, comme prévu, le Garde des sceaux sera ou non présent sur le plateau. Eventuellement, téléphonez au 01.42.85.01.76. Sur le répondeur de France-Justice, Denis Seznec enregistrera au jour le jour de plus amples renseignements.
La Cour européenne de justice est saisie
Le déni de justice commis le 28 juin 1996 par la Chambre criminelle a non seulement choqué l'opinion publique, mais a également fait contre elle l'unanimité des juristes les plus réputés. Sur le conseil de certains d'entre eux Denis Seznec a saisi la Commission européenne des Droits de l'Homme.
A cet effet, un mémoire très argumenté des deux avocats a été déposé le 20 décembre dernier. Il devra, dans un premier temps, être jugé recevable par cette commission. Puis la Cour européenne elle-même devra instruire une procédure contre la République française. Cette procédure est exceptionnelle mais a, selon de nombreux juristes internationaux, de grandes chances d'aboutir. Si tel était le cas, la France devrait alors modifier la loi et permettre à Denis Seznec de présenter à nouveau une demande en révision.
Mais c'est surtout sur le non-respect du contradictoire et le refus de rendre public le débat que la Cour européenne devra se prononcer. Aura-t-elle le courage de condamner le pays des droits de l'Homme ?
La nouvelle édition du livre
La dernière édition de "Nous, les Seznec", très mal distribuée (de très nombreuses lettres l'attestent), a enfin été "mis à l'office" début novembre par les Editions Robert Laffont. Les FNAC et certaines grandes surfaces ont à nouveau pu le mettre en vente... Un nouveau tirage vient d'être décidé. Denis Seznec en a profité pour y rajouter une page afin d'y révéler les derniers rebondissements.
Stèle
C'est l'Agence culturelle bretonne qui est chargée de coordonnner l'ensemble de la campagne en faveur de l'érection d'une stèle de Guillaume Seznec. Que ceux qui veulent contribuer à ce qui deviendra le symbole de la réponse de la Bretagne à la Justice, s'adressent à Claudie Poirier 02.51.84.16.07. Un Comité de parrainage, composé de personnalités éminentes de Bretagne doit bientôt être constitué bientôt afin de superviser l'opération. Nous espérons que le sénateur Alphonse Arzel - qui s'est tant illustré dans la bataille de l'Amocco Cadiz - en acceptera la présidence.
Pièce de théâtre
Comme vous le savez une pièce de théâtre sur l'Affaire Seznec va être montée. Les 23 acteurs ont déjà été recrutés et ont commencé, depuis plusieurs semaines, les répétitions. Nathalia Montjaret, l'auteur, et Benoît Villeret, le metteur en scène, ont obtenu de nombreux appuis moraux, notamment celui de la municipalité de Rennes. C'est certainement pourquoi la "première" aura lieu sur la grande place des Lices de cette ville le 12 octobre de cette année. Ensuite la troupe partira pour une grande tournée itinérante à travers le pays.
Archives toujours interdites ?
Il y a deux ans des archivistes découvraient des lettres censurées de MarieJeanne Seznec dans les caves de la prison de 1'lle-de-Ré. Une demande de communication étaient aussitôt formulée par la famille. Malheureusement, le magistrat instructeur de la requête en révision s'opposa à cette transmission et fit verser les documents au dossier. Sa fille Jeanne Seznec décédée le 15 avril 1994, n'aura donc pas eu la consolation de découvrir les lettres d'amour que sa mère avaient adressées à son père... Une demande de consultation de ces lettres a été à nouveau formulée. C'est le ministre de la Culture, Douste-Blazy, qui doit accorder une dérogation. Y aura-t-il une nouvelle décision de non-communication ? Dans ce cas nous serions autorisés à penser que ces archives seraient, elles aussi, compromettantes. Ou alors, qu'il existe encore une volonté de nuire.
Un relais de France-Justice en Belgique
La similitude des systèmes judiciaires belges et français - les mêmes dysfonctionnements - fait que l'action de France-Justice rencontre un certain écho en Belgique (articles, émissions, courrier). Sous l'impulsion de Michel Leurquin, citoyen belge (auteur d'un grand article dans Le Soir - Seznec l'impossible réhabilitation), diverses personnalités de ce pays ont écrit pour faire connaître leur soutien et demander à contribuer à l'action entreprise auprès de la Cour européenne de justice.
Premières lettres de soutien arrivées
M. Yves de Jonghe d'Ardoye (député et bourgmestre de Ixelles), de M. Régis Dohogne (secrétaire général de la Fédération des instituteurs chrétiens), M. Richard Fournaux (député et bourgmestre de Dinant), de Mme Danielle Caron (Echevin et député de Bruxelles).
Une organisation belge, Justice Majuscule, soutenue par le Pr Kellens et les écrivains Mertens et Gilles Perrault va consacrer son premier numéro à l'Affaire Seznec. Patrice Bolly, son président, a convié Denis Seznec à venir faire une grande conférence à Liège et Charleroi au printemps. Les trois principaux journaux et la télévision belges seront présents.
Informations diverses
Le Centre National des Justiciables. Le CNJ qui regroupe plusieurs milliers de chefs d'entreprises et combat les dysfonctionnements de l'action judiciaire qui mettent en péril l'économie de très nombreuses PME, a demandé à Antoine Gaudinot (ex-inspecteur de police à l'origine de la dénonciation du financement occulte des partis politiques) et à Denis Seznec d'être les deux "sages" de leur comité d'éthique.
Des émissions évoquant l'Affaire Seznec. Les principales qui ont eu lieu ces derniers mois : le 30 août sur France-Inter; le 29 octobre sur Paris-Première -, le 6 décembre, France 2, au cours de laquelle l'acteur Malavoy, souscrivant aux propos de Catherine Cellac, a chaleureusement soutenu l'action menée en faveur de la révision ; le 30 novembre, France 3 Bretagne : débat sur le fonctionnement de la justice entre Denis Seznec et des magistrats - dont l'ancien président de la Cour d'assise de Rennes. Le 17 novembre, France 2 a rediffusé un vieux documentaire de Frédéric Pottecher sur l'Aff aire Seznec : rempli d'erreurs et complètement dépassé. Le 1 1 octobre, dès le début de l'émission que TF 1 consacrait à l'erreur judiciaire, JeanEdem Hallier, principal invité, dénonçait violemment la décision de non-révision de l'Affaire Seznec.
Les Tri Yann poursuivent leur tournée triortiphale. Aux quatre coins de la France les Th Yann réunissent à chaque concert des milliers de jeunes. Evoquant systématiquement l'Affaire Seznec avant d'interpréter quelques-unes des chansons qui lui sont consacrées ils témoignent que l'ovation des jeunes est toujours extrêmement chaleureuse pour la cause. Particulièrement depuis la décision du 28 juin...
Nous avons eu le regret d'apprendre le décès de Mme Le Ribault au mois de décembre demier. Nous présentons à son fils Loïc nos vives condoléances.
Parmi les nouvelles adhésions Jacqueline Monsigny, le célèbre écrivain. Communiqué
Le père Michel Hygonet (membre de F-j) nous communique le texte suivant :
L'annonce, dans la circulaire n' 4 de France-Justice, du diaporama "Guillaume Seznec et la justice de Dieu' (qui durera une bonne heure) a suscité qelques heureuses réactions et des demandes d'explication. Non, il ne s'agit pas d'une entreprise commerciale. Il ne s'agit pas non plus d'une sorte de biographie en images. Bien sûr, on y trouve, en images, un bref récit du procès et une évocation - poignante sans doute - de la vie de Guillaume Seznec au bagne. Mais le point fort de ce pectacle est d'insister longuement sur les sentiments de G. S., tels qu'on les trouve exprimés dans ses lettres : son amour indéfectible pour les siens, le pardon qu'il accorde à ceux qui l'ont condamné ou ne l'ont pas soutenu, sa foi profonde et sa prière, sa grande reconnaissance envers ceux qui l'aident mai aussi ses moments de désespérance parfois accablants ... Enfin, le cas de l'innocent condamné est ici l'occasion - si je puis dire - d'interpeller Dieu, comme font d'ailleurs les prophètes de la Bible sur a justice, ou plutôt son silence qui nous scandalise, sauf peut-être à entendre sa "réponse" dans le langage de la Croix, quand meurt injustement l'innocent le plus célèbre de l'Hitoire.
Pour information : Michel Hygonet, 6, rue des Têtes 34500 Béziers, tél. : 05.67.28.64.19.
Un exemple de dysfonctionnement
Pour illustrer l'un des nombreux cas de dysfonctionnements de notre justice, nous faisons part de l'une des nombreuses lettres que nous avons reçues. C'est tellement édifiant que nous la reproduisons intégralement.
" Mon nom est Jacqueline Wigger, divorcée Maranghos, née le 13février 1942. Le 2 juillet 1966, j'ai donné naissance à ma fille Camille ; elle était mon enfant unique, elle a été assassinée dans la nuit du 6 au 7 mars 1994. Pourquoi ?
Fin décembre 1992, un individu tente de violer Camille ; suite à son refus, il tente de l'étrangler. Perdant connaissance un instant, Camille reprend sa lucidité, mais l'individu s'acharne sur elle ; elle annonce qu'elle est malade du sida, pour Camille c'est l'unique issue. L'individu arrête net son comportement.
Camille porte plainte ; fin janvier 93, le juge responsable du dossier prend connaissance des détails horribles que décrit Camille. Ce juge, connaissant le lourd passé de cet individu qui a déjà purgé 5 années de prison pour viol, laisse ce dernier libre, sous contrôle judiciaire ; mais le tribunal estimant que les faits sont graves, continue les poursuites contre lui. Il est donc convoqué en correctionnelle le 8 mars 1994.
Dans la nuit du 6 au 7 mars 1994, l'individu s'introduit par effraction dans l'appartement où résident Camille et son ami ; il les tue de sang froid tous les deux à bout portant, voire à bout touchant, avec unfusil à pompe, calibre 12, dont il a scié le canon, pour obtenir une plus grande puissance. Fuyant leur appartement, l'individu prend un automobiliste en otage pendant vingt heures, le menaçant de son fusil.
Moi, la maman de Camille, j'accuse ce juge qui, en toute négligence, sans aucune réflexion, aucune conscience, a laissé cet individu en liberté. Pour sa droiture, son courage, son honneur, Camille a dû payer de sa vie ; je continuerai de marcher dans le chemin qu'elle a tracé, que sa mort ne soit pas vaine, qu'elle serve d'exemple. Camille voulait une meilleure justice car elle déclarait dans sa plainte : "Il faut que soit mis au grand jour ce que qu'a fait Monsieur X. Je n'ai rien fait pour provoquer cela ; par conséquent ces faits ne doivent pas rester dans l'ombre. Je maintiens ma plainte pour éviter que Monsieur X puisse renouveler son comportement vis-à-vis d'autres personnes. "
Sans commentaires.
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