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Circulaire n°22 - novembre 2003


Chère amie, cher ami,

Voici notre circulaire. Nous l'accouchons toujours difficilement. D'abord, comme vous le savez, nous sommes peu pour la rédiger et nos moyens sont limités. Nous ne bénéficions d'aucune subvention. Volontairement. Ensuite, et surtout, le temps nous manque. Le temps de réunir les éléments dénonçant un dysfonctionnement de la justice, d'autres cas viennent, comme une marée incessante, nous submerger. Et la période s'écoulant entre deux circulaires rend parfois nos informations incomplètes ou obsolètes. Et puis, l'actualité abonde d'une d'une telle avalanche de scandales judiciaires que nous devons être sélectifs. Si nous n'évoquons pas - ou peu - certaines affaires c'est qu'elles sont en cours. Mais nous les suivons attentivement. L'essentiel, c'est que les magistrats en charge de celles-ci soient au courant. Soyez rassurés: ils le savent parfaitement.

Notre force: l'information

C'est là que réside toute notre " puissance d'action " . En activant notre réseau nous pouvons alerter l'opinion. C'est ainsi que notre circulaire et notre site internet peuvent non seulement mobiliser tous nos membres - dont un grand nombre de personnalités issues du monde universitaire, culturel ou artistique - mais aussi informer nos " gentils correspondants ". C'est-à-dire la quasi-totalité des rédacteurs en chef ou des chroniqueurs judiciaires, les médias les plus importants. Mais aussi presque tous les parlementaires (députés et sénateurs de toutes tendances). Et tous les leaders politiques ainsi qu'un grand nombre d'avocats et quelques hauts magistrats - parmi ces derniers certains nous soutiennent dans l'ombre... - et, bien entendu, les principaux responsables religieux. Bref, tout ce que la République compte de personnalités pouvant peser sur la destinée de notre pays.

Notre circulaire est donc souvent en retard... mais elle est, assurément, très lue !

La demande de révision

Bien entendu, l' Affaire Seznec demeure, plus que jamais, au coeur de notre action.
D'autant plus que la requête en révision demandée par la Chancellerie suit son cours. La Commission de révision a autorisé l'accès à certaines archives encore interdites. Toutefois, les frais de recherches devront être à la charge de la famille Seznec... (Voir appel).

La piste Quémin est relancée grâce à Liliane LANGELLIER, une ancienne journaliste de l'Express. En 1993, la rédaction de TF1 s'y était intéressée. Nous avons reproduit une page de L'Echo républicain du 29 juillet. France 3 en a fait un large écho dans ses journaux télé.

Depuis la condamnation de Guillaume Seznec il s'est écoulé, comme le rappellent les Tri Yann à la fin de chacune de leur représentation, près de 28 900 jours. Cette grande erreur judiciaire est devenue, au fil du temps, l'Affaire emblématique. Tout simplement, parce qu'elle représente, aux yeux des Français, tout ce que la justice peut commettre lorsqu'elle produit le contraire de la justice. Et des affaires Seznec, il y en a toujours.

Les affaires continuent

Lisez, pages suivantes, une petite revue de quelques affaires d'Etat récentes. Edifiant. Vous constaterez que dans les affaires judiciaires où des intérêts supérieurs sont en jeu, la vérité est vite étouffée. Cela existe beaucoup plus souvent qu'on ne l'imagine. Pire: on s'est habitué. La capacité de notre société moderne à s'émouvoir ou à se révolter devant l'injustice s'est considérablement émoussée.

" Sérial suicideurs "

On savait que la justice s'éloignait de plus en plus du peuple, de sa souffrance qu'elle etait tantot trop laxiste ou trop inquisitrice avec les grands de ce monde, que la fameuse maxime de Jean de La Fontaine - " que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront noir ou blanc " - était toujours d'actualité, qu'il y avait une justice a deux vitesses. Certes, nous savions que l'institution judiciaire traversait une crise mais nous ignorions à quel point notre justice était malade. Les affaires risquant de dévoiler des scandales ont, en effet depuis quelque temps, une fâcheuse tendance à laisser, au bord de leurs parcours judiciaires, un certain nombre de cadavres : on se suicide beaucoup en France depuis quelques années et cela,avec un grand sens de l'opportunité. Une multitude d'affaires illustre, aujourd'hui, la gravite du mal. En voici un échantillon.

Les disparues de I'Yonne

Il y a d'abord les disparues de I'Yonne. Les parents qui ont patienté depuis 1977 dans l'espoir que les magistrats instruiraient leurs plaintes, ces familles qu'on n'a cessé de mener en bateau laissant entendre que les maheureuses filles étaient de simples fugueuses, attendent toujours que justice soit rendue. Ils risquent d'attendre longtemps. Ces magistrats si peu curieux, qui se sont si peu intéressés à leurs plaintes, n'ont été convoqués devant une commission de discipline du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) que parce que le scandale avait pris des proportions telles - la Chancellerie estimait alors à une vingtaine le nombre de jeunes filles disparues et assassinées- qu'il fallait faire un geste.
Marylise LEBRANCHU, la garde des sceaux du moment, l'a fait. Elle a non seulement reçu les parents mais a saisi le CSM contre certains magistrats.

Mais les Juges se jugeant eux-mêmes, la sanction ne pouvait pas être terrible: une mise à la retraite d'office pour l'un des magistrats et une vague admonestation pour les autres. Une telle sévérité force l'admiration. D'autant que, plus tard, le Conseil d'Etat rétablira dans ses fonctions le magistrat écarté. Le CSM, lui avait pourtant reproché " la précipitatlon et la desinvolture " avec lesquelles il avait traité cette affaire où de nombreuses jeunes filles avaient disparu. Or, il s'agissait bien d'avoir enterré purement et simplement des rapports du gendarme JAMBERT, celui-là même qui, inlassablement, avait réuni les pièces du dossier qui conduiront à l'arrestation du criminel en série Emile LOUIS. Ce simple chauffeur de car qui aura bénéficié pendant des années de protections. Un criminel psychopathe qui sert aujourd'hui - qui peut en douter ? - de bouc émissaire afin de couvrir un réseau. Un magistrat, Daniel STILiNOVIC, n'a-t-il pas déclaré: " Il y a eu des gens corrompus à Auxerre qui ont permis à l'information d'être étouffée."

Le gendarme JAMBERT, quant à lui, s'est suicidé le 4 août 1997, avec un grand à-propos ...avant de pouvoir temoigner ! Etrange suicide. Rappelez-vous, (nos circulaires 16, 17, 18, 19, 20 et 21) ce gendarme avait demandé à me rencontrer pour m'alerter des pressions qu'il subissait alors, et m'informer des risques de voir son rapport enterré. En fait, c'est lui qui aura été enterré quelques mois plus tard. Il se serait tiré une balle dans la bouche. Aucune autopsie, aucune enquête. Il faut préciser que le magistrat qui aurait pu les ordonner, était celui qui sera mis en cause,plus tard, par la ministre de la Justice. Ce "suicide" est si suspect que, début 2003, enfin, une enquête a été ordonnée.

Condamné à perpète, Dunant sort... au bout de quatre ans !

Et que penser de l'Affaire Dunant ? L'abomination absolue. La négation même de la justice. Des notables ont torturé des jeunes filles nues attachées à des croix de saint André, à Appoigny - tiens encore, dans I'Yonne ! -où grâce à un tortionnaire comprehensif, un certain Claude DUNANT - tiens, un chauffeur de car encore! - libre de tout préjugé, Ils pouvaient satisfaire leurs fantasmes sadiques les plus cruels : enfoncer des aiguilles dans les parties genitales, les seins, etc. (notre circulaire 19). On devra la denonciation de ces crimes au fait qu'une des victimes, une jeune fille de 18 ans, aura pu s'échapper, le 20 janvier 1984, de la cave où elle etait enchainee depuis trois mois, nourrie, comme ses compagnes martyres, d'aliments pour chiens.

Qu'on ne s'inquiète pas outre mesure pour DUNANT, condamné à perpetuité pour "sequestration, viols, tortures et actes de barbarie" devant la cour d'assises de I'Yonne, il est sorti de prison, grâce à de hautes protections, au bout de... quatre années ! On hallucine ! Aucune recherche sérieuse n'aura été effectuée pour trouver d'éventuels cadavres dans les terrains alentours et on cherche toujours le carnet de moleskine noir dans lequel cet homme scrupuleux avait noté les noms des notables, bons pères de famille avec lesquels il se livrait à ces délicieuses pratiques. Ce carnet a disparu lors de l'enquête... A la même époque, Danièle BERNARD, une infirmière qui a connu les victimes d' Appoigny, est assassinée chez elle à coups de tisonnier après avoir été torturée. Claude DUNAND etait à nouveau en liberte àce moment-là. Cette annee-là egalement, Joanna PARISH, etudiante anglaise, a été violée, étranglée et repêchée nue dans... I'Yonne !

L'Affaire du Pasteur Doucé

Le pasteur DOUCE, lui, ne s'est pas suicide puisque l'on a retrouvé plusieurs balles dans son corps. Mais autour de lul on s'est beaucoup suicidé. Le scandale qu'il risquait de révèler et qui touchait directement le pouvoir, puisqu'il était surabondamment surveillé par les RG (renseignements généraux), a été circonscrit à une simple affaire de moeurs. Le cadavre du pasteur, enlevé le 19 juillet 1990, avait été découvert trois mois plus tard en forêt de Rambouillet.

L'inspecteur des RG Jean-Claude DUFOURG était alors mis en cause car, dans la nuit du 19 juillet, il avait frappé violemment à la porte du pasteur, rue Sauffroy, à Paris. Mais rapidement il sera démontré qu'une autre équipe de policiers était sur les lieux.
Celui-ci n'aurait donc été qu'un " fusible ". Les véritables assassins seront poursuivis avec tout le zèle que l'on a mis, ces dernières années, dans la traque de Yvan COLONNA. C'est dire. Personne, bien sûr, n'aura été dupe, surtout pas le milieu policier et politico-médiatique qui savait depuis belle lurette que ce pasteur menaçait certaines personnalités politiques de révéler leurs moeurs très particulières. Si on les croit, le pasteur aurait été un peu maître-chanteur à ses heures. Officiellement, l'affaire DOUCÉ restera un simple réglement de compte dans les milieux pédophiles...

Dans l'Affaire des frégates on se suicide beaucoup

Lorsque l'on ose soulever un coin du voile sur les ténébreuses tractations touchant ce que l'on a appelé l'affaire des frégates, vendues par la France à Taïwan, on découvre que c'est sans doute l'affaire qui a entraîné le plus de suicides. Une véritable hécatombe. Des sommes colossales sont brassées pour l'achat de bateaux de guerre par la Chine nationaliste à la France. Thierry IMBOT, fils du général qui a dirigé la "piscine" (contre-espionnage) suit les négociations entre les deux pays. Il confiera à son père, la veille d'un rendez-vous avec un mystérieux journaliste, que " le contrat des frégates permet à certains, en France, de se constituer de véritables fortunes." Pour le vieux général, il ne fait aucun doute que son fils détenait des informations sensibles au point qu'il avait été missionné pour enquêter. Le lendemain, le 10 octobre 2000, alors qu'il venait d'emménager, rue Jean-Goujon à Paris, il fait une chute de quatre étages. " Accident, suite à une réparation de volet " concluera l'enquête. Etrange: au moment de la découverte du corps, le gardien était formel: " Tout était éteint dans l'appartement au moment de la chute ".

Jacques MORISSON, cadre de Thomson lié à ce contrat, chute brutalement, en mai 2001, du cinquième étage de son immeuble, à Neuilly, alors qu'il habitait le deuxième. " Accident " ! Le capitaine de vaisseau YIN, de la marine taïwanaise, dont la mission consistait à veiller au bouclage du contrat, meurt noyé sur une plage, alors que ses poumons n'étaient pas emplis d'eau. Sa veuve, Mme Li MEIKUEI, se bat depuis dix ans, toujours aussi digne, calme et déterminée, pour faire reconnaître l'assassinat de son époux. " La vie de mon mari avait com plètement changé après son retour de France. Il avait peur; il était très anxieux " dira-t-elle au juge VAN RUYMBEKE. Autre mort suspecte, celle de M. ALBESSARD, le n° 1 de Thomson à Taïwan, qui meurt brutalement d'un " cancer foudroyant ".

L'Affaire des Frégates est un scandale de grande ampleur où se mêlent pots-de-vin, espionnage industriel et assassinats. En France, les ventes d'armes sont un sujet tabou. Des sommes d'un montant faramineux ont été versées à l'occasion de ces contrats à des hommes politiques, à droite comme à gauche. Bien qu'il faille un excellent état nerveux pour négocier des contrats d'armement, on aura assisté à une hécatombe de suicides où l'on voit de solides gaillards se jetant éperduement par les fenêtres ou se noyer accidentellement après s'être eux-mêmes brisé les vertèbres cervicales. A désespérer de la qualité de l'enseignement commando dont ils auront bénéficié." Secret défense! " a-t-on opposé au juge un peu curieux. Cette conception étrange du secret défense qui s'applique également à l'argent des corrompus est une véritable honte pour notre pays. Au moins huit "suicides". Huit morts. Et aucune investigation. Circulez, il n'y a rien à voir !

A Toulouse aussi les putes se "suicident" allègrement

A Toulouse, ce ne sont pas des militaires qui se suicident, ce sont les prostituées. Certaines poussant le vice jusqu'à s'étouffer elles-mêmes en s'enfonçant un slip au fond de la gorge non sans, auparavant, s'être lié les poignets derrière le dos. Il y a même une tordue qui a eu le culot de mettre le feu à son studio après s'être enfermée à double tour de l'extérieur dans sa salle de bains... Avec de telles obsédées du suicide comment voulez-vous que la police puisse, sereinement, relever des indices, ne serait-ce de simples empreintes ? Inutiles, d'ailleurs, puisque celles de ALEGRE que toutes ces filles ont connu, les policiers les collectionnaient déjà: sur les verres qu'ils buvaient avec lui chez un ami commun, magistrat de son état. Il aura fallu un concours de circonstances, l'obstination d'un gendarme -
comme le gendarme ABGRAL qui a confondu le tueur en série HEAULMES, ou le gendarme JAMBERT- et l'intervention d'un groupe spécialisé (cellule Homicide 31 de la gendarmerie, nos circulaires 19 et 20) pour qu'enfin on découvre que ces " suicides" étaient en réalité des meurtres commis par un criminel en série: le fameux ALEGRE.

Les gendarmes découvrent ainsi au moins cinq assassinats transformés en suicide et la disparition d'autres prostituées ainsi que la mort violente d'un certain nombre de témoins. Nous connaissons la suite: les révélations de la prostituée Patricia mettant en cause des policiers, des magistrats et des personnalités. Dont Dominique BAUDIS, l'ancien maire de Toulouse. Qui a incité Patricia à le mettre en cause?

C'était le meilleur moyen de discréditer ses propos sur l'existence d'un réseau et son témoignage sur l'assassinat, après tortures, sous ses yeux, d'une autre fille. Qui est derrière ces manoeuvres ? demande avec raison le président du CSA pour lui-même.
D'autant plus qu'il y a eu ce travesti qui confirmait les dires de Patricia mais qui fut aussitôt discrédité, lui aussi, lorsqu'on lui a fait tenir des propos mettant en scène la petite Marion et en cause ...Tony BLAIR et Mickael JACKSON! Ces propos farfelus - des journalistes le démontreront - lui ont été suggérés. Travesti et mytho : crédibilité zéro devant l'opinion !

Peu importe d'ailleurs, un mois après ses propos, ce drôle de personnage se suicide. Encore un ! Cette affaire, à elle seule, restera des plus troublantes, des plus inquiétantes.

Ainsi les représentants de la justice, de la police et de la pègre, prennent-ils ensemble du bon temps, se rendant des menus services. Il est vrai que la vie d'une prostituée - comme celle d'une handicapée de l'Yonne - ne vaut pas cher par les temps qui courent. Du rebut humain si l'on en juge par le peu de cas que l'on a fait de leur disparition.

Cette affaire gravissime - cette affaire DUTROUX à la française - on ne parle plus de la " dépayser" judiciairement, on a décidé en haut lieu de la "recadrer " . La République a de ces euphémismes! Je ne crois pas qu'elle nous prenne pour des idiots, elle craint simplement de nous inquiéter en nous révélant des vérités trop terribles à accepter par nos fragiles consciences de citoyens. Pourtant nous savons qu'il existe des soirées sadomasochistes où se retrouvent allègrement des gens du meilleur monde et ceux des bas-fonds. Mais je crois que l'on veut nous éviter cette douleur de ne plus croire en la justice. Ce qui serait en effet grave - surtout pour ceux qui y croient encore. Il faut donc recadrer. D'abord, en mettant Patricia en prison. Celle qui a dénoncé, malgré quelques divagations, des crimes avérés. Sa vie -menacée ainsi que celle de sa petite fille - est désormais entre les mains de ceux qu'elle accuse. Il n'y a que dans les films noirs que l'on trouve des situations aussi incroyables. Pourvu qu'elle ne se " suicide" pas, elle aussi. Ensuite, après avoir mis en garde la presse contre tout débordement, il faut écarter les gendarmes à l'origine de l'enquête. La cellule homicide 31 a été dessaisie.

Dernier rebondissement, qui renforce encore plus le malaise: le 13 octobre dernier, le directeur de l'enquête, le gendarme Michel ROUSSEL, celui qui était à l'origine de la découverte de la série de crimes camouflés en suicide, celui qui a exhumé 191 dossiers criminels non élucidés dans la région toulousaine, celui qui passa des nuits entières pour traquer et faire arrêter ALEGRE, vient de faire valoir ses droits à la retraite... à 43 ans! Une demande appuyée par son colonel qui, en juin, " félicitait cet enquêteur exceptionnel ". Il jette l'éponge, définitivement écoeuré. La boucle est bouclée.

Je n'aimerais pas être à sa place. Il aura supplié Patricia et ses copines de parler et il leur aura promis toutes les garanties pour leur sécurité. Il doit être aussi triste que le gendarme JAMBERT.

Le juge Borrel que l'on suicide

1995. Huit ans que le corps de Bernard BORREL, un magistrat français, détaché à Djibouti, a été découvert au pied d'une falaise en aplomb de la Mer rouge, aspergé d'essence et brûlé sur le haut du corps. Le magistrat se serait immolé... (notre circulaire 21 ). Cinq juges d'instruction, deux exhumations et six expertises ne sont toujours pas parvenus à étouffer ce "suicide" qui sent à plein nez la machination. BORREL, un magistrat détaché auprès de l'ambassade de France se sentait menacé depuis que son enquête sur l'attentat qui avait coûté la vie au fils d'un para français l'avait mené sur la piste du Président de Djibouti lui-même.

Devant l'attitude des juges français, l'épouse du magistrat "suicidé" - magistrate elle-même - les accuse d'être aux ordres pour étouffer une affaire d'Etat. Elisabeth BORREL a porté plainte, soutenue par des syndicats de magistrats, pour dénoncer leur partialité en faveur de la thèse du suicide. La presse a très peu repris ces accusations. Et pour cause: le journaliste Franck JOHANNES, Le Monde et Libération ont été condamnés, le 28 mai, pour avoir suspecté l'un des magistrats, la Cour de cassation considérant que " le droit de libre critique cesse devant les attaques personnelles " en l'occurence contre un magistrat. Depuis, nous avons appris, par un ancien garde du corps du Président djiboutien, réfugié en Belgique, qu'effectivement le juge avait bien été assassiné. Il a donné les noms des exécutants et tous les détails pour " éliminer le juge fouineur ". Depuis: rien. Aucune demande d'audition ni enquête supplémentaire. Rien.

Ah, si! j'allais oublié: le dernier rempart à la venue des Américains dans la corne de Djibouti
(elle contrôle l'entrée de la Mer rouge) juste avant la guerre d'Irak, c'était le président djiboutien. Protéger celui-ci contre un juge fouineur expliquerait peut-être ce mensonge d'Etat. En vain: les Américains sont désormais plus de 6 000 et pour un bout de temps...

Post-scriptum. Dernière nouvelle (AFP, ce 22 octobre) : des expertises écartent la thèse du suicide. Vers la fin de la conspiration du silence ?

Temple solaire :"suicides" dans le bon Ordre

En 1994 et 1995, en Suisse, en France et au Canada,74 membres de la secte du Temple solaire se suicidaient, dont 40 par balles. Lorsque l'on retrouve 16 corps - dont ceux de deux policiers -dans la forêt du Vercors, l'instruction conclut rapidement à un suicide collectif. Pourtant tous ont été tués par balles et la carbonisation des corps prouve qu'une intervention extérieure a été nécessaire.

Des suicidés très actifs qui, après s'être bien alignés, se seraient tiré chacun une balle dans la tête. Et le dernier aurait fermé la lumière... en aspergeant d'essence ses coreligionnaires, puis craquer une allumette avant de se tirer, à son tour, une balle dans la tête. Enfin, il se serait jeté dans le brasier, en veillant à bien s'aligner, lui aussi! Pourtant, l'enquête internationale avait amplement démontré que cette secte n'était qu'une façade pour une vaste escroquerie financière et un trafic d'armes menés par Luc JOURET et Joseph DI MAMBRO. Ces deux gouroux étant déjà morts lorsque ce massacre a eu lieu, qui en aura été l'exécuteur ?

Alain VUARNET, dont la mère et le frère ont été retrouvés parmi les cadavres, dénonce cette mascarade d'instruction et a demandé, le 4 juillet dernier, une analyse des cendres. Résultats: les traces importantes de phosphore retrouvées prouvent que les victimes ont été exécutées par un lance-flammes à jet directionnel. Que s'est-il donc réellement passé, dans la nuit du 15 au 16 juillet, au lieu-dit "le trou de l'enfer", niché en plein Vercors ?

Le ministre Boulin se noie dans une mare à canard

Le 30 octobre 1979, le corps de Robert BOULIN, ministre du travail en exercice, était retrouvé dans les eaux d'un étang près de Rambouillet. Suicide concluera l'enquête. Drôle de suicide, là aussi. Robert BOULIN avait sept hématomes au visage et des radiographies ont révélé deux fractures à la face. Il n'y avait pas d'eau dans ses poumons, ce qui démontre qu'il était mort avant d'être immergé.
Un médecin légiste de l'époque a estimé que ce seul fait prouvait que le ministre avait été assassiné. Un colonel de gendarmerie, Jean PEPIN, désaisi de l'enquête - encore un dessaisissement de gendarmes ! - affirme avoir repéré des traces de pas sur les lieux, montrant que le corps de Robert BOULIN avait été transporté. Aucun rapport dans le dossier... L:enquête d'un journaliste (Bernard NICOLAS de Canal+) révèlera plus tard que BOULIN, compromis dans une histoire d'achat de terrain du côté de Ramatuelle, se savait menacé plusieurs semaines avant sa mort. Il restera que le ministre s'est noyé dans 30 cm d'eau... (Notre circulaire 20).

Lucet se suicide de deux balles qu'on lui a tirées à bout portant

Le directeur général de la Caisse primaire d' Assurance-maladie des Bouches-du-Rhône était
en guerre ouverte avec les syndicats qu'il accusait de détournements financiers. Le 4 mars 1982, il était retrouvé mort à son domicile, tué par deux balles dans la tête. Version officielle: LUCET s'est suicidé !
Les investigations déboucheront sur une série de fausses factures concernant la mairie de Marseille. La polémique sera si vive que l'exhumation du corps sera ordonnée quinze jours après son enterrement. Les conclusions du médecin légiste, pourtant, avaient démontré que " les lésions au cerveau provoquées par le premier projectile excluent la possibilté d'en tirer un second, surtout dans l'oreille: il faut suffisamment de conscience et de présence d'esprit pour appuyer à nouveau sur la détente.Avec un revolver à barillet on constate un tel recul qu'il est impossible de réajuster le canon dans le conduit auditif. Cela implique obligatoirement un deuxième larron "... qui ne sera jamais recherché !

Cela me fait irrésistiblement penser à l'affaire STAVISKY. Cet escroc avait fait trembler la République, en 1934, en ayant compromis la moitié de la Chambre des députés dans ses magouilles financières. En fuite, on l'avait retrouvé mort " SUICIDÉ DE DEUX BALLES QU'ON LUI A TIRÉES A BOUT PORTANT " (Le Canard enchaÎné). Pour compléter la farce, la balistique avait estimé que les balles avaient été tirée à plus de 3 mètres... ce qui fera titrer Le Figaro " STAVISKY AVAIT LE BRAS LONG MAIS IL NE FAUT PAS EXAGÉRER! "

Et puis, ce fut l'Affaire PRINCE. Ce magistrat intègre qui s'apprêtait à dévoiler que le scandale
Stavisky touchait également la famille du président du Conseil. Son corps fut retrouvé sur une voie de chemin de fer entre Paris et Dijon. Ecrasé par un train, on retrouva la ficelle qui avait servi à l'attacher vivant et l'autopsie révéla qu'il avait été drogué avec une dose massive de narcotique. Conclusion de l'enquête: suicide! " LA POLICE EST SUR LA VOIE" (Le Canard enchaÎné) " CELUI-LA, IL NE vouLAIT PAS LOUPER LE TRAIN! " titrera une presseécoeurée. Ces deux enquêtes, faut-il le préciser, étaient menées par l'inspecteur BONNY, celui-là même qui avait enquêté dans l'Affaire SEZNEC !

Les frères Saincené suicidés juste après avoir écrit au juge

Le 12 mai 1994, les deux frères SAINCENÉ étaient retrouvés morts, asphyxiés dans leur voiture, dans leur garage, à Tourtour dans le Haut-Var. Fernand SAINCENÉ était un ancien vacataire-bidon du conseil régional Paca. Licencié et en guerre contre certains élus, il affirmait haut et fort, quelques jours avant sa mort, à des témoins, être " déterminé à se battre et avoir en sa possession des dossiers très compromettants sur des affaires politico-judiciaires".

Leur mort fut située autour du 6 mai. Le juge d'instruction concluera au double suicide. Pourtant les éléments de l'enquête resteront troublants.Lors de la découverte des corps des SAINCENÉ, par exemple, des témoins affirmeront avoir aperçu du sang et une blessure sur le thorax d'un des deux frères. Puis, brusquement, ils reviendront sur leurs déclarations. Dans la voiture où l'on a retrouvé leurs cadavres, les "suicidés" avaient pris la précaution de boucler leur ceinture de sécurité! Pourtant au Ciel, surtout en enfer, un accident n'est plus à craindre...

L'un des frères avait aussi jeté la clef de la maison à l'extérieur, etc. Bref, le dossier comptait de nombreuses invraisemblances. Mais, surtout, on découvrira, trois semaines plus tard - le temps de l'acheminement et du dépouillement d'une grosse enveloppe envoyée par la poste - que les frères SAINCENÉ avaient écrit au juge Renaud VAN RUYMBEKE, à Rennes. Ce juge avait alors une réputation d'incorruptible. Les frères s'étant servi de leur ordinateur, il aurait été intéressant de savoir si celui-ci avait fonctionné après le fameux 6 mai. La thèse du double suicide - déjà invraisemblable selon les criminologues : l'un des deux aurait eu un réflexe de survie - aurait alors volé en éclats. Les fonds nécessaires pour une expertise informatique très pointue furent débloqués avec les plus grandes difficultés. Inutile: l'horodateur étant illisible la mémoire de l'ordinateur ne put rien établir. Effacés les frères SAINCENÉ...

Bérégovoy : l'honnête homme qui sait "tirer" sa révérence

Dois-je rajouter à cette longue liste, non exhaustive, le suicide le 1er mai 1993 de Pierre BEREGOVOY, cet ancien Premier ministre qui s'est tiré une balle en pleine tête avec le 357 magnum de son garde du corps ? Le doute s'est d'autant plus installé que son agenda, faisant état de son emploi du temps, avait disparu dès le début de l'enquête et que sa veuve ne croyait aucunement à la version officielle. Son garde du corps étant mort, un peu plus tard, dans un accident de la route si peu banal que cela a laissé une étrange impression à ceux qui suivaient l'affaire.

Et puis, il y a eu les informations du commissaire des RG de Nevers, Hubert MARTY-VRAYANCE, en mars 2001, qui avance l'hypothèse audacieuse d'un crime d'Etat... BEREGOVOY, un honnête homme gênant ou un homme intègre qui s'est condamné à mort ?

De Grossouvre s'occupait des chasses: suicide au gros calibre

Dois-je rajouter également DE GROSSOUVRE ? Le conseiller de Mitterrand s'échinait, depuis sa mise à l'écart, à salir le Président en recevant régulièrement certains journalistes, notamment Pierre PÉAN, à l'Elysée. On l'a retrouvé, le 7 avril 1994, une balle de 357 magnum en pleine tête, dans son bureau, au sein même du Palais. Aussitôt, le suicide du responsable des chasses présidentielles a été officiellement annoncé, laissant entendre qu'il était dépressif depuis quelque temps. Pourquoi, malgré cet empressement à officialiser le suicide, cela a-t-il laissé une étrange impression dans l'opinion ? Parce que plusieurs questions importantes demeureront sans réponse. Personne, par exemple, n'aura entendu de coup de feu dans le palais. Aurait-on abattu le conseiller avec un silencieux ? Aucune expertise balistique. Les fouilles illégales à son domicile laisseront une étrange impression. Et pour certains une conviction.

Une justice bafouée

En France, on se suicide beaucoup dans les affaires judiciaires lorsqu'elles récèlent des secrets d'Etat ou lorsqu'elles risquent de ternir la réputation de certaines personnalités. Dans les affaires d'Etat, c'est une constante, on retrouve presque toujours les mêmes serviteurs, qu'ils soient policiers ou juges d'instruction. Chaque république a ses exécutants. Et, parfois, ses exécuteurs.

La Justice fait-elle mine de ne rien voir pour ne pas se mettre à dos ses principaux auxiliaires ou ferme-t-elle carrément les yeux - comme l'un des trois singes qui la symbolisent - afin de conserver un semblant d'autorité face au pouvoir politique en place ? Dans toutes ces affaires - c'est le moins que l'on puisse dire -la Justice ne sort pas grandie. Soit son indépendance a été bafouée, soit la démonstration a été faite que son autorité s'arrêtait à la frontière - le "secret défense" a été institué en partie pour cela - où la connaissance de la vérité pouvait devenir gênante.

Pour acquérir une véritable autorité, la justice devrait apprendre à se faire respecter par ceux qui se croient au-dessus des lois. Et nous, simples citoyens, faire en sorte de lui donner, alors, de véritables moyens d'investigations. Il y va non seulement de la simple équité mais - pas moins -de l'avenir de la démocratie. En attendant, lorsque l'on est mêlé à une affaire sensible, ce ne sont pas les sérial killers qui sont à craindre mais les serial suicideurs.

La Justiceau bide-parade

Faute de policiers ils ressortent libres. Ils n'en sont pas revenus, les dix prévenus qui devaient comparaître, ce 7 octobre, devant le tribunal correctionnel de Bobigny. Par manque de personnel policier pour les escorter, le juge les a tout bonnement remis en liberté. L'audience qui devait statuer sur leurs peines éventuelles était prévue à 13 heures. Or, il ne se trouvait pas de policiers pour les accompagner jusqu'au box. C'est à 20 heures que les dix hommes, pour la plupart des clandestins accusés de vol avec violence, sont arrivés. Le retard accumulé rendait impossible de les juger séance tenante. Ils ont donc pu repartir libres, avec une convocation pour une date ultérieure. Une décision qui a fait la joie des accusés d'autant plus que n'ayant aucun domicile connu, la plupart n'ont aucune intention de revenir se faire punir. Inutile d'interroger les victimes - et futures victimes ? - sur ce qu'elles pensent de la justice....

Disparus de Mourmelon : une débâcle judiciaire. Déjà que nous commencions à nous interroger sur l'immobilisme de la justice lorsqu'il s'agit de disparition de petites gens- disparues de I'Yonne, disparition et suicides suspects des prostituées de Toulouse, etc. - voilà que l'assasin présumé des jeunes militaires de Mourmelon, l'adjudant CHANAL, à la veille de comparaître - enfin! - devant une cour d'assises, se suicide ! Après 23 ans d'instruction, d'enquêtes et de contre-enquêtes, après que dix juges d'instruction différents auront tenté d'élucider la disparition mystérieuse des dix pioupious de Mourmelon, après qu'un nombre inquiétant de pièces ou d'expertises auront été égarées, on apprend que le procès est escamotté ! On ne saura donc rien. Pourtant CHANAL avait préve nu: " Si je suis jugé, je mettrai fin à mes jours ". Il emporte donc ses secrets avec lui. Les familles des trois victimes pour lesquelles il comparaissait (il y avait des preuves) seront privées de vérité et, finalement, de leur deuil. Elles sont condamnées, comme les autres familles des disparus de Mourmelon à se poser des questions à perpétuité. Une véritable
débâcle judiciaire.

Justice contaminée. Non-lieu le 19 juin dernier. Prononcé la veille d'un grand départ en vacances, l'arrêt de la Cour de cassation mettant fin poursuites contre les responsables- mais non coupables - du scandale de l'Affaire du sang contaminé, a figé les familles des 900 hémophiles qui sont morts. Leurs parents et amis auront souffert de les voir non seulement victimes d'une erreur gravissime mais ils vont souffrir aussi, désormais, de la mauvaise volonté des pouvoirs publics. Ceux-ci n'acceptent donc pas de reconnaître leurs fautes. Ils auront comme piètre consolation de méditer sur la réflexion d'un des juristes qui écrit que " toute souffrance n'a pas forcément une qualification pénale ". Mais ce qui demeure de plus scandaleux dans cette histoire, ce n'est pas que les trois responsables politiques désignés n'ont pas été condamnés - Edmond HERVE, par exemple, ministre de la Santé à ce moment-là, est un homme dont l'honnêteté ne peut être mise en doute. Non, le véritable scandale c'est cette justice qui n'aura même pas eu le courage de reconnaître le statut de victimes aux 900 morts et à tous les survivants. Ceux-ci, paralysés et tordus de douleurs, croyaient que la justice leur donnerait une réponse. Désormais ils n'attendent plus rien d'elle. Ils sont écoeurés. Fallait-il attendre quinze années de procédures judiciaires, et l'audience de la Cour de cassation, pour savoir que personne n'avait voulu tuer les hémophiles ou les transfusés en leur inoculant le virus du sida ? Cette épouvantable tragédie demeurera comme un déni de justice absolu.

Nous avons une pensée particulière pour Agnès et Patrice GAUDIN, (membres de FJ) les parents de Laurent et Stéphane, leurs deux petits garçons qui sont morts en 1992.

Le juge n'en avait rien à branler. Un juge d'Angoulême a été placé en garde à vue avec une interdiction temporaire d'exercer. Une enquête pénale est diligentée par les services de police suite aux plaintes de personnes présentes lors de l'audience qu'il présidait en tant qu'assesseur. Celles-ci, dont une journaliste, sont formelles le juge se serait livré à des gestes obsènes en pleine audience correctionnelle au vu de tous. Ce jour-là, dans une affaire de querelle de voisinage, l'avocate de la partie civile commence sa plaidoirie. Quel n'est pas son effarement quand elle découvre que l'un des hommes qui lui fait face, la robe noire remontée jusqu'aux genoux, est en train de se livrer tranquillement à des plaisirs solitaires. Devant l'ampleur que l'affaire risque de prendre, la Chancellerie s'est fendue, le 16 octobre, d'une déclaration indiquant que le Conseil supérieur de la magistrature allait être saisi. Ceux qui ont pu penser qu'on allait se contenter d'une main courante seront déçu... Non la justice, dans toute sa raideur, va montrer sa poigne. A moins que l'avocat du magistrat obtienne une main-levée. L'enquête établira peut-être aussi que ce juge n'en branlait pas une.

Des juges sur la sellette. Trois magistrats soupçonnés d'attouchements sur mineurs sont mis en cause.
Après l'affaire de ce magistrat versaillais qui collectionnait des centaines de clichés pédophiles récupérés sur Internet. Après le scandale provoqué à Grenoble, par ce juge qui photographiait, dans les locaux du tribunal, des jeunes filles dénudées, trois autres affaires impliquant des magistrats dans des histoires de moeurs émergent à leur tour. Le vice-président d'un tribunal du Nord a été longuement entendu par les gendarmes. On lui reproche des attouchements sur des mineurs à l'occasion d'un camp de vacances. Déjà soupçonné lorsqu'il exerçait les fonctions de juge pour enfants dans une autre juridiction, il aurait contraint deux mineurs à se mettre totalement nus... aux fins d'aider à l'instruction ! Dans la région d'Annecy, un autre juge se trouve sur la sellette. C'est en cours. La troisième affaire se passe en Bretagne, où déjà un magistrat avait été inquiété lors du démantèlement d'un réseau de revente de cassettes et de journaux pédophiles dont il était un client. Cette fois c'est un autre juge qui est dans le collimateur pour son " trop grand intérêt pour des jeunes rencontrés dans le cadre d'activités associatives ". Il n'est pas anormal que sur un effectif de plus de 7000 magistrats, nous découvrions des délinquants. Sauf que ceux-ci sont censés exercer une profession qui exige une probité morale exceptionnelle. C'est très grave. Non seulement ces brebis galeuses exercent des jugements moraux sur leurs concitoyens - alors qu'eux-mêmes sont des êtres immoraux - mais cela rejailli fatalement sur l'ensemble du corps qu'ils représentent et permet à certains délinquants de pouvoir faire courir des rumeurs sur les magistrats intègres qui les gênent. Exemple, à Toulouse, l'un des deux magistrats accusés a été totalement mis hors de cause.

Breton emprisonné. Cela va faire trois ans que Gaël ROBLIN est en prison, accusé d'activisme. Légalement l'incarcération avant jugement ne peut dépasser deux ans et huit mois pour des faits non criminels. Quel que soit l'accusation, il doit être jugé.

La bavure judiciaire qui tue à coup sûr. Albert SINGLAIR est un ancien bûcheron. Très violent, il commettra au fil des années, de nombreuses agressions pour lesquelles il écopera de peines de prison. Plus grave, en 1978, il est condamné à 4 ans pour le meurtre de son beau-frère. Il a dû bénéficier de très larges circonstances atténuantes. . . En 1986, il enlève une femme. Il écope de 4 ans à nouveau pour viol et séquestration. Puis en 1993, il est condamné à 10 ans de prison ferme pour acte de barbarie. Avec deux complices, il a violé et torturé, pendant deux jours et deux nuits, une jeune femme qu'ils avaient sequestrée. Après plusieurs réductions de peine, il est libéré. Le 24 septembre dernier, il se rend nuitamment, avec un complice, au domicile de son ex-compagne, poignarde Jean-François WINTER, l'ami de celle-ci, le laissant pour mort, assassine son ex, Nathalie, 39 ans, de plusieurs dizaines de coups de couteau de chasse et poursuit son propre fils, Jonathan, 17 ans, qui se défenestre pour s'échapper. En vain, SINGLAIR l'achèvera à coup de serpette. Le pire aurait-il pu être évité ? Depuis la sortie de prison de cet homme extrêmement violent et interdit de séjour dans la région, son ex-compagne avait prévenu les gendarmes que SINCLAIR proférait des menaces de mort à son encontre. Pendant deux mois, il s'affiche dans la petite ville, se vante, provoque publiquement. Tout le monde sait mais tout le monde le craint.
Aucunement inquiété, donc, il rôde autour de la maison de Nathalie. Appeurée celle-ci se cloître avec son fils et alerte à plusieurs reprises, ainsi que son entourage, la gendarmerie. Il ne se passera rien! Hallucinant! Un monstre a été relâché sans aucun suivi médical, il est interdit de séjour, il menace, il se procure des armes blanches au vu de tous: il ne se passe strictement rien! Nous ressentons une sorte de nausée. Pour le carnage de SINGLAIR bien sûr, mais aussi devant cette lâcheté collective. Tous les professionnels de cet appareil judiciaire aveugle et incompétent, devraient écopper d'une sanction - au moins symbolique - pour non-assistance à personne en danger ! Merci à l'équipe du 7 à 8 de TF1 d'avoir fait écho, le dimanche 12 octobre, à notre révolte.

37,15% des personnes condamnées à la prison ferme n'exécuteront Jamais leur peine !
C'est une injustice très grave pour les victimes, une inéquité pour les condamnés qui exécutent leur peine
et une décrédibilisation de l'institution judiciaire.

Incroyable, en France, 37,15 % des personnes condamnées à la prison ferme n'exécuteront jamais leur peine! Graces présidentielles, amnisties, aménagements de peines, mais aussi: condamnés introuvables, dossiers égarés, mémoires d'ordinateurs effacées, prisons surpeuplées et, surtout, tribunaux surchargés...La conséquence la plus grave de cette situation, c'est qu'elle décrédibilise totalement le discours que l'institution judiciaire croit adresser aux Jeunes delinquants. Cela anéantit également une grande partie du travail de proximité que certains effectuent sur le terrain criminogène.

Le pendant de la prévention, on ne le dira jamais assez, c'est le risque de la répression. Lorsque celle-ci n'existe plus ou devient très aléatoire, la tentation d'enfreindre la loi devient fatalement un Jeu ou une sorte de loterie, en tout cas, un encouragement pour les jeunes délinquants débutants. Mais chut, l'autocensure du politiquement-correct- cette forme de dictature de l'esprit qui frappe une grande partie des médias - impose aux communiquants de ne pas le faire savoir. Pensez donc, cela pourrait démoraliser les gogos qui croient encore à une justice équitable et efficace.

Le procès du dr Fouchard

Le docteur FOUCHARD, est un médecin de campagne interdit d'exercer la médecine par la justice suite à des accusations non fondées et amplifiées par des rumeurs malveillantes. Nous avons résumé l'affaire dans notre circulaire n° 21.

Une émission de télévision (7 à 8 de TF1 ) et Le Nouvel Observateur ont évoqué également le drame du docteur FOUCHARD. Ruiné et déshonoré il est soutenu, heureusement, par la quasi-totalité des habitants de sa petite ville. Depuis, trois arrêts, datés du 9 juillet 2003, rendus par la Chambre criminelle de la Cour de cassation ont rejeté ses pourvois contre la juridiction qui le met dans une situation professionnelle catastrophique. Le procès aura donc bien lieu. En attendant, voici un extrait d'une lettre qui a été envoyée à Denis Seznec, pour tout autre chose :

"Il se trouve que ma femme et moi connaissons le docteur FOUCHARD, et pour cause. Pendant nos années de galères, alors que nous n'avions plus aucun moyen de subsistance, il nous offrit spontanément une main secourable en recueillant chez lui, au sein de sa famille, notre fille alors âgée de 18 ans. Je ne m'étendrai pas sur sa gentillesse, ni sur la générosité dont ils firent preuve à son égard. Je veux simplement dire, que malgré nos difficultés, jamais mon épouse ni moi n'aurions laissé notre fille habiter chez des gens glauques, aux moeurs douteuses. Les choses dont certains accusent le docteur FOUCHARD nous horrifient en ce sens que nous l'estimons complètement incapable de tels actes. (...) Le séjour de notre fille dura presque une année, pendant laquelle elle fut plongée dans l'intimité de la famille. (...)

Embarqué dans une histoire abracadabrante dont la gravité même dépasse sûrement ceux qui en sont à l'origine, le docteur est déjà condamné avant d'être jugé puisque quel que sera le verdict, les conséquences sont déjà irréparables.

Aujourd'hui, les FOUCHARD vivent un enfer! (...) je vous remercie ainsi que France-Justice de faire tout votre possible pour aider ces gens. Il n'est besoin que de deux mots pour qualifier les causes de leurs souffrances: rumeur et jalousie. Le docteur FOUCHARD est un praticien trop intègre dont l'immense compétence avait su lui faire gagner la plus belle clientèle du pays, mais aussi des envieux! "

Voilà. C'est un témoignage spontané que nous avons, bien entendu, transmis au docteur.

Nous invitons les membres de France-Justice habitant la région à se rendre à Laval pour suivre ce procès d'assises qui se déroulera du 26 au 30 janvier 2004.

Les disparues de Diego-Suarez

C'est l'une des plus grandes affaires criminelles de tous les temps. Depuis une dizaine d'années plus de 400 jeunes filles mexicaines ont été assassinées après avoir été torturées et violées. Des centaines d'autres ont disparu. La plupart travaillaient dans les immenses usines installées à la frontière américaine. On a retrouvé leurs cadavres dans le désert en face de El Paso, près de Diego-Suarez.

Ces jeunes filles ont été tuées dans de si étranges conditions - elles portaient souvent des vêtements autres que les leurs - que les observateurs pensent à un vaste réseau criminel impliquant des adeptes de messes noires ou autres perversions. Devant l'apathie incroyable de la police locale et le sabordage des quelques rares investigations entreprises, les organisations internationales, alertées sont persuadé que des complicités importantes existent au niveau des autorités. Une seule issue pour que cesse ce scandale: faire pression sur le gouvernement mexicain. Contact : AMNESTY INTERNATIONAL 76 bd de la Villette 75019 Paris.

SCANDALES PÉDOPHILES, VIOLS EN SÉRIE, RÉCIDIVES Vers la traçabilité des criminels sexuels ?

La Casa Pia était une maison impie. "Homo homini lupus", l'homme est un loup pour l'homme, disait Hobbes. C'est, hélas, souvent vrai. Mais quand l'homme devient un loup pour l'enfant, on se prend à douter de l'humanité entière. Au Portugal, la famille est une valeur profondément enracinée, l'enfant est sacré.C'est pourquoi "l'affaire de la Casa Pia", révélée par la journaliste de L'Expresso Felicia CABRITA, a fait l'effet d'une bombe. Elle met à jour l'existence d'un des plus vastes réseaux de pédophilie.
Le scandale éclate en septembre 2001 quand Ana Paula, mère de Joël, un adolescent de 14 ans, porte plainte pour le viol de son fils. Ils osent affronter le regard des autres, briser le silence. Bientôt, d'autres temoignages suivent. Et l'on découvre l'horreur.

Le loup dans la bergerie. La Casa Pia, institution caritative fondée en 1780 à Lisbonne, est l'une des plus renommées du Portugal. Elle accueille dans le pays quelque 4500 orphelins et des mineurs de milieux défavorisés. Orphelin lui-même, ancien pensionnaire de la Casa Pia, Carlos Silvino DA SILVA, surnommé " Bibi " a 47 ans et est employé comme chauffeur au sein de l'institution. Chauffeur certes, mais pas seulement. Selon l'enquête judiciaire, depuis vingt-cinq ans, " Bibi " aurait sévi en toute impunité et vraisemblablement bénéficié de protections: il est accusé d'avoir violé des centaines d'enfants et d'avoir organisé un réseau de pédophiles dans lequel seraient impliquées plusieurs personnalités.

Qui étaient les "clients" du réseau ? Du beau monde, des VIP. Qu'on en juge : l'ancien ministre de l'Emploi et de la Solidarité, le socialiste Paulo PEDROSO Carlos CRUZ, animateur vedette de Ia télévision, Jorge FERREIRA, DINI, un médecin renommé qui s'assurait que les enfants n'avaient pas d'infections vénériennes pouvant contaminer les clients, Herman JOSÉ, un humoriste célèbre, un avocat, un ancien ambassadeur de l'Unesco... Douze personnes sont aujourd'hui mises en examen, dont sept en détention.
L'ampleur du scandale et l'onde de choc qu'il a propagé ont conduit le chef de l'Etat portugais, Jorge SAMPAIO, à s'exprimer deux fois plubliquement sur le sujet pour assurer ses concitoyens que "la justice sera appliquée". Espérons-le. Car les enfants et adolescents abusés -ils avaient de 6 à 16 ans- étaient choisis précisément parce qu'ls étaient sans défense. Orphelins ou issus de milieux défavorisés, ils étaient placés dans l'institution pour être protégés par la société.

Les violeurs eux sont des modèles de réussite sociale. Plusieurs d'entres eux avaient des titres ou fonctions qui les plaçaient au service de la société, des plus faibles. Ils ont donc choisi délibérément, avec préméditation, d'appliquer la double peine: vous êtes sans défense, déhérités, qu'à cela ne tienne, on va en profiter puisqu'on ne risque rien! " Bibi " commençait par gagner la confiance des enfants, était gentil, offrant cadeaux, argent et sorties. Puis venait l'exécution : le jeune était livré à ses bourreaux, servait d'objet de plaisir dans des soirées pédophiles. Le bilan est terrible. Trois cents jeunes se sont confiés à l'équipe de pédospychiatres réunie à la Casa Pia. On sait aujourd'hui que 128 d'entre eux, filles et garçons parmi lesquels des sourds-muets, ont été victimes d'abus sexuels, certains pendant plusieurs années.

Refuser le bouc émissaire. Comme le soulignait récemment un spécialiste, "la législation contre les abus sexuels pédophiles est récente au Portugal. Les peines encourues restent légères et la prescription courte, ces gens ont cru agir en toute impunité" Il faut donc espérer que les magistrats portugais ne rendront pas une justice au rabais, en condamnant de façon exemplaire "Bibi" pour mieux épagner les notables. Parce que le loup dans la bergerie serait alors le bouc émissaire. Les pressions ne manqueront pas, celles de personnalités proches des inculpés, comme celle, légitime, de la population anéantie par ce scandale. Pour juger en toute indépendance, il suffira que les magistrats se réfèrent à l'éthique, à l'honneur de leur profession, au respect des droits de l'enfant tout simplement, pour clore dignement ce dossier douloureux.

Un violeur voyageur. Autre exemple : Jean-Luc BLANCHE, 45 ans, violeur récidiviste, arrêté à son domicile à Reims, le 7 septembre 2003. Une affaire tragiquement exemplaire. Après avoir cumulé remises de peine pour bonne conduite et grâces présidentielles, Jean-Luc BLANCHE, condamné en 1992 à vingt ans de réclusion pour quatre viols, est libéré en 2002. Et ce, contre l'avis des psychiatres qui soulignaient le risque de récidive. Aussitôt libre, l'ancien jardinier...récidive. Il viole, de ville en ville : Châlon-sur-Saône, Reims, Caen, Evreux, Vouziers, Orsay, Bernay... Jean-Luc BLANCHE sera identifié grâce au sang-froid d'une jeune femme qui l'éloigne quelques instants de la voiture où elle était séquestrée en jetant par la vitre le téléphone portable de BLANCHE. Pendant qu'il court ramasser l'appareil, elle fouille dans ses papiers, découvre son nom et son adresse.

Poitiers : terreur en ville

Quelques semaines avant l'arrestation de Jean-Luc BLANCHE, c'est François VERGNIAUD, 29 ans, employé dans une société agroalimentaire de la Vienne, qui était arrêté à Poitiers. L'homme est soupçonné de treize viols ou tentatives, commis depuis février 2001, et en aurait avoué plusieurs pendant la garde à vue qui a précédé son incarcération. Lira-t-on dans quelques années que François Vergniaud, libéré pour bonne conduite, a de nouveau violé à sa sortie de prison ?
Ces faits inspirent colère, révolte, indignation. Soit, mais après ? Des solutions pragmatiques sont à inventer. Les textes judiciaires ne sont pas adaptés aux violeurs en série. On encourt la même peine pour avoir tué une ou dix personnes. Mais un tueur en série remis en liberté représente un danger évident et manifeste parce qu'il est mû par le prochain crime qu'il commettra, et qu'il organise sa vie et ses déplacements dans ce seul but.

Innocence ou culpabilité la preuve par l'ADN

La décision du gouvernement de compléter d'une part le Fichier National des Empreintes Génétiques (FNAEG) et de créer, d'autre part, un fichier des délinquants sexuels constitue un début de réponse pragmatique. Le FNAEG recense en France un peu moins de 1200 noms alors que le même fichier en compte 1 700 000 en Grande Bretagne. Le prélèvement de salive effectué fin octobre sur des détenus est un début de complément. Ce fichier permet de comparer le code génétique relevé sur les victimes avec les traces ADN des personnes déjà condamnées. Il peut donc permettre d'établir la culpabilité comme l'innocence d'une personne soupçonnée. Cela en fait un outil judiciaire précieux en raison de la fiabilité et de l'objectivité scientifique des données collectées.

Le second projet à l'étude est la constitution d'un fichier des délinquants sexuels. Ceux-ci se verraient obligés de communiquer leur adresse aux commissariats. Complément du FNAEG, le nouveau fichier permettrait de retrouver rapidement une personne dont l'empreinte génétique aurait été relevée sur la victime d'un crime.

Plusieurs voix se font entendre, dont celle du Syndicat de la Magistrature, qui voit dans le projet un abandon de la présomption d.innocence et une culpabilité à vie pour les personnes ayant déjà efffectué leurs peines. Il nous semble plus exact d'y voir au contraire, un moyen efficace à la disposition de ces personnes de lever toute suspicion de culpabilité. La fiabilité de l'idenficiation par l'ADN renverserait la tendance naturelle à voir dans chaque criminel un récidiviste potentiel.

Recenser l'appartenance politique, religieuse, philosophique des citoyens est attentatoire à la liberté individuelle et, partant, indigne d'une démocratie. Ne pas se donner les moyens fiables et efficaces de confondre les criminels et laisser la voie libre à la récidive le serait tout autant.

Innocenté par son ADN

Stéphane BLAUBLOMME, 27 ans, a été formellement reconnu comme son agresseur par une adolescente violée dans le métro lillois. Il a été complètement mis hors de cause par l'ADN effectué en février dernier aussitôt sorti de prison.

Montgolfier ne se dégonfle pas

Ce magistrat a refusé, en plein été, la promotion que lui offrait la Chancellerie.
Comme il l'a lui-même dénoncé il s'agissait de l'écarter de la région PACA. Le comble aura été que ce soit le rapport réclamé par Eric de MONTGOLFIER lui-même pour dénoncer les graves dysfonctionnements constatés au tribunal de Nice qui aura servi de prétexte pour tenter
d'écarter le bouillant procureurr. A suivre.

Libérée pour un mot

Une trafiquante de drogue - grosse quantité d'héroïne - a été libérée uniquement du fait de l'erreur d'un mot. L'ordonnance refusait la liberté provisoire et c'est le contraire qui fut compris. Chut, cela s'est produit en juin à Paris, et l'on voudrait que cela ne sache pas. La bénéficiaire s'est, bien entendu, volatilisée dans la nature. Cette bavure judiciaire a fait moins de bruit que la mise en liberté, voilà deux ans, d'un tueur, dit " le Chinois", car elle n'a eu, heureusement, aucune conséquence. Mais on frémit à l'idée qu'une telle erreur pourrait aussi profiter à un garçon sympathique comme Patrice ALEGRE, ou à un joyeux drille comme Emile LOUIS...

Affaire Bini : un jugement inique

Depuis 18 ans les époux BINI se battent pour faire respecter leurs droits dans une banale affaire de droit civil concernant des dommages causés par leurs voisins, sur des ouvrages leur appartenant. L'échec de six procédures avaient une cause bien simple. le rapport d'expertise établi par l'expert désigné par le tribunal était complètement erroné! Malgré trois autres rapports d'experts également agréés mais par la cour d'appel, et qui tous contredisaient le premier, - écrivant même que leur confrère s'était trompé - les juges ne se sont tenus qu'aux dires de leur expert. Pire, malgré les preuves qu'un témoin avait été suborné, et que, quatorze ans après le fameux expert reconnaît par écrit qu'il s'est effectivement trompé.... les juges, par un septième jugement, ont écrit aux BINI qu'ils se heurtaient à " l'autorité de la chose jugée " ! Conclusion: les victimes, les BINI, ont subi un préjudice de 30 000 € et les responsables ont empoché 10000 €. Quel est ce haut magistrat qui a déclaré: " Je ne comprends pas pourquoi nos concitoyens ne croient pas en la justice ?" Si si, ils y croient: comme à la loterie !

Bravo, Jacques !

Le samedi 13 septembre, un chauffard qui roulait à une très vive allure à contre-sens dans une voie réservée aux bus, écrase Anne DAVID, une jeune femme de 32 ans contre la porte d'entrée de son immeuble, rue de Chateaudun à Paris dans le 9ème. L'émotion sera très considérable car la jeune femme était enceinte et le chauffard ainsi que ses trois comparses ne lui ont pas porté secours. Au contraire, comme les lâches qu'ils sont, ils prirent la fuite. C'est grâce à la proximité d'une voiture de police qu'ils seront rattrapés. Anne DAVID, mère d'un petit garçon avec lequel elle vivait seule, est décédée le dimanche 14, des suites de ses blessures. Une manifestation improvisée à l'initiative de Jacques BRAVO, maire de l'arrondissement, aura lieu sur le lieu du drame le lendemain. Elle bloquera la circulation tant des milliers de personnes apportent des fleurs blanches ou des petits cierges.

Mais le lendemain, la colère des habitants du quartier fut à son comble lorsque l'on appris, par un flash d'une radio, qu'il était question de relacher le criminel de la route en attentant son procès. Alerté, Denis Seznec contacta aussitôt Jacques BRAVO lui indiquant qu'une nouvelle manifestation, organisée cette fois-ci à l'initiative de FJ, aurait lieu si cette nou velle était confirmée. Le maire téléphona sur le champ aux ministères de la Justice et de l'Intérieur et reçu l'assurance que seuls les complices seraient provisoirement remis en liberté. Bravo au maire pour son réflexe qui honore l'esprit républicain : une injustice c'est également un coupable qui n'est pas puni.

Comment une justice laxiste encourage les actes de vengeance

En 1984, un jeune Marocain était condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre de Marcel PRADIN, 60 ans, et gravement blessé sa fille Monique, 26 ans, tuant l'enfant qu'elle portait depuis près de neuf mois. Le 24 octobre dernier, 21 ans après les crimes commis contre son père et sa soeur, Annie PRADIN a été arrêtée par les gendarmes à Lézignan, le village où le Marocain habite depuis sa libération avec un révolver sur elle. Elle reconnaît que son intention " n'avait rien d'une vengeance mais lui était imposée par le laxisme et la volonté de protéger cet assassin qui paraît être au-dessus des lois et de la République et que ce meurtrier, condamné à perpétuité a bénéficié d'une libération conditionnelle le 13 juin 2002 alors qu'il ne remplissait aucune des conditions de cette mesure. "

Un meurtrier aux bonnes relations

Omar GUENDOUZ, 33 ans, comparaît libre alors qu'il risquait trente ans de prison. Pourtant, avec Aboui ELLA, un Français d'origine camerounaise et voleur récidiviste, il a massacré le 15 janvier 1995, Gilbert DUCRET, suite à un banal accrochage de voitures. Ils l'ont roué de coups au point qu'il en est mort. Ils ont alors maquillé leur crime en accident de la circulation. C'est grâce à l'autopsie que le crime sera découvert. Aucun écho de cet acte barbare ne sera fait dans la presse. Il faut dire que GUENDOUZ se prévaut du statut de journaliste: il collaborait régulièrement avec divers hebdos ou télés lorsqu'il s'agissait de les guider dans les banlieues chaudes. " Gentil et travailleur; sa tête ne tenait plus et ses beaux yeux bleus étaient devenus des balles de tennis " a rappelé Anita, la veuve de la victime à la barre. S'adressant à l'accusé, elle déclara: " Vous avez pu bénéficier de l'appui et du silence de vos relations médiatiques, mais moi je ne vous lâcherai pas. " La mort de son époux aura été traitée moins que celle d'un chien écrasé.

L'affaire du Dr Christian lacomo

Christian IACOMO, ancien maire de Vence (06), a été accusé d'agressions sexuelles sur son petit-fils, en juillet 2000, et incarcéré à la Maison d'arrêt de Grasse. L'accusation est survenue dans un contexte de conflit familial -avant cette grave accusation un tribunal avait ordonné l'obligation aux parents d'envoyer leur fils chez ses grands-parents. Les premiers éléments recueillis par le Comité de soutien au Docteur, par l'agent de recherches Roger-Marc MOREAU (membre de FJ) et son avocate, Me Sylvie NOACHOVITCH (membre de FJ) font apparaître qu'une volonté de lui nuire existe réellement. En effet, l'environnement politique comporte de tels enjeux que l'on ne peut exclure la mise en place de cette accusation sordide de pédophilie. Le docteur bénéficie d'une très grande estime de la population puisqu'il n'a raté sa réélection que de... 200 voix alors qu'il venait d'être libéré juste avant ces élections! Denis Seznec a rencontré longuement le Dr IACOMO, son épouse et son comité de soutien au mois de mai. A suivre particulièrement. Contact : 04 93 24 26 06.

Profanation...

Nous sortons du cadre des actions de notre association, mais nous tenions à exprimer notre profonde indignation suite à la profanation en juin, à Ajaccio, de la plaque rappelant l'assassinat du préfet ERIGNAC. C'est une insulte à la simple moralité. Nous nous honorons que ce soit Me Philippe LEMAIRE (membre de FJ) l'avocat de Mme Dominique ERIGNAC.

Petites infos

La petite bible de Seznec au bagne. Pierre TARBOUNIECH, de Saint-Chinian, près de Béziers, a retrouvé une petite bible miniature provenant de Guyane marquée, sur la première page, du nom de Guillaume Seznec. Il l'a fait parvenir, en juin, à son petit-fils qui a reconnu formellement l'écriture de son grand-père qu'un expert confirmera. Pierre TARBOUNIECH lui a offert le petit livre religieux qui lui est parvenu mystérieusement de l'autre côté de l'Océan.

Ile St-Joseph : inscriptions classées. Madeleine CHAVAGNE, archiviste, nous signale qu'une "communication assez émouvante" venait d'être publiée dans le Journal officiel du 23 mars dernier : "Cayenne. Roches gra vées de la Pointe-Marie-Galante, sur l'Île Saint-Joseph, dans les Îles du Salut: les cinq roches gravées comportant des gravures amérindiennes ou attribuées au bagne, y compris le terrain d'assise : inscription par arrêté du 8 mars 2002.

La clef du bagne. Le dimanche 13 avril, Mme RICHARD, de Vannes, est venue au salon du livre de Surzur offrir à Denis Seznec la clef de la prison des condamnés à mort du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni. Un membre de sa famille avait récupéré auprès du dernier gardien en fonction cette clef le jour de la fermeture du bagne, en 1953.

Yves Duteil : chemins de courage. Extrait de l'édito que l'auteur-compositeur a écrit dans Panorama d'avril dernier en évoquant le livre de Clémence BOULOUQUE, la fille du juge anti-terroristes : " Son livre est un cri d'amour éperdu, blessé. Ce témoignage est symbolique de ceux qui, comme. le "petit juge" livrent un comba inégal contre des systèmes organises, ICI mais aussi ailleurs... Retenue quelque part en Colombie, Ingrid BETANCOURT en fait la redoutable expérience contre la drogue, et sa toute jeune fille se bat pour sa libération. Depuis des années, Denis SEZNEC remue ciel et terre pour obtenir la réhabilitation de son grand-père Guillaume, et combien d'anonymes défrichent la jungle contre les centaines de milliers de sites pédophiles, les mensonges institutionnels, les guerres inutiles, ou simplement le silence... Les sentiers de vérité sont rarement sereins, ils sont souvent bordés de gouffres sans fond. Ce sont des chemins de solitude et de courage, qul se transmettent aux enfants, puis à leurs enfants, jusqu'à ce que nos mémoires leur aient rendu justice. " Mort d'un Silence de Clémence Edit. Gallimard.

A l'aide ! Gérard JEANDRON nous aidait jusqu'ici à confectionner toutes nos étiquettes autocollantes pour l'envoi de nos circulaires. Il gérait notre listing (rajouts ou modifications des adresses des membres de notre association). Pour des raisons techniques il ne peut plus assurer cette aide bénévole. Nous le remercions chaleureusement. Maintenant il nous faut rapidement trouver son remplaçant.
Nous disposons, bien entendu, de l'entièreté du fichier sur CD et nous en gérerons dorénavant les modifications. Mais nous recherchons un ami qui dispose d'un ordinateur et d'une imprimante mais, surtout, qui a la possibilité de nous imprimer environ 5000étiquettes autocollantes par an.
Nous écrire. Rapidement...

En préparation, un spectacle dansé sur l'Affaire. Philippe MEZAC, industriel renommé dans la miroiterie (l'immense verrière qui chapeaute le grand stade de France: c'est lui !) est aussi un grand passionné avec son épouse et ses trois filles de danses folkloriques bretonnes. Avec ses amis de AR PILOWER, il prépare un spectacle de danses, avec pour thème, en partie, l'Affaire Seznec. En principe, si les
costumes sont prêts, ce devrait être pour la rentrée.

"Seznec. En quête de vérité ". Un livre sur la découverte du crâne àTraou Nez, la propriété de PierreQUÉMENEUR, vient de sortir. C'est Daniel LEPETITCORPS, le fils du commandant de gendarmerie qui avait dirigé, en 1953, les recherches pour retrouver le squelette du conseiller général du Finistère qui publie son propre temoignage. Il raconte l'épisode qui avait mobilisé, à l'époque, la France entlere, et relate ce qu'il découvrit, en 1996, des photographies qui prouvent l'existence d'un crâne. Ce rebondissement extraordinaire aurait pu innocenté, alors,Guillaume SEZNEC s'il n'avait pas été occulté volontairement par les autorités. Ces faits graves ont été rendus publics, on s'en souvient, en 1997, au cours d'une émission spéciale de Paul AMARD sur France 2. Mais Daniel LEPETITCORPS va encore plus loin : il nous révèle, non seulement les pressions qu'a subies son père, mais lui-même. Ce livre renforce considérablement la thèse dite de Traou Nez, chère au juge HERVÉ, partisan de Seznec. Editions du Télégramme, 20 €.

Le Belem a fait le voyage en Guyane. Cent sept ans après son lancement Le Belem, "le géant des mers" avec ses 1200 m2 de voi lures, a traversé l'Atlantique et effectué un périple de cinq mois en direction de la Guyane. L'équipe de Jules Verne Aventure y a tourné un reportage. Denis Seznec devait être leur guide mais, manque de chance - surtout pour un Breton !- il n'a pu se dégager pour embarquer...Le reportage qui est résulté de cette. expédition, (qui évoque Seznec au bagne) a ete réalisé par Jean-Christophe JEAUFFRE et diffuse sur France 5 au mois de juin.

C'était le Bagne. Une très belle exposition de photos de Jean-Pierre EVRARD sur le bagne de Guyane a lieu du 31 octobre au 16 novembre, à Paris, 96 rue des Martyrs-de-Ia- Résistance .

Quelques livres

Jean-Marie Rouart : Adieu la France et adieu au Figaro... Vient de publier un pamphlet ADIEU A LA FRANCE QUI S'EN VA, où il évoque plusieurs erreurs judiciaires. Notamment l'Affaire Omar RADDAD pour laquelle il s'est investi. Sa passion lui a d'ailleurs joué un sale tour puisque, d'après un écho paru dans Le Monde, il aurait été évincé du Figaro pour avoir été imprudent dans ses articles à propos de la justice. On peut être académicien et avoir accumulé 23 années de journalisme et être licencié de son journal. L'autocensure ce n'est pas fait pour les chiens.

Bas les voiles ! Voici un extrait d'un pamphlet d'une Iranienne qui, ayant été contrainte à porter le voile pendant dix ans, vit désormais à Paris. A l'heure où certains intellectuels refusent l'interdiction du port du voile à l'école au nom du " respect des différences culturelles " et autres sornettes précieuses, telle que la nécessaire construction de l'identité des jeunes filles de familles musulmanes. Pour Chahdortt DJAVANN, c'est son nom, c'est au contraire un encouragement à la répression de toutes les femmes qui, dans les pays musulmans. essaient d'échapper à J'emprise totalitaire du Jihad au risque de leur vie. Il faudrait que les intellectuels français qui se déclarent hostiles à une école laïque qui ne tolère pas les mineures voilées, prennent conscience du fait que leur engagement sera un appui aux dictatures islamiques. " Son texte dénonce l'enfermement des femmes dans ces sociétés musulmanes, le désespoir des mères lorsqu'elles accouchent d'une fille, les sentiments d'humiliation et de culpabilité qui sont inculqués aux filles dès leur enfance car leur corps est considéré comme un objet de honte qu'il faut cacher : " Le voile n'est nullement un simple signe religieux, comme la croix, que filles ou garçons peuvent porter au cou, c'est l'étoile jaune de la condition féminine. " Bas les Voiles, Chahdortt DJAVANN, Edit. NRF-Gallimard.

Un avocat général s'est échappé. Philippe BILGER, est l'avocat général aux assises deParis. Mais l'accusateur public n°1 de la justice est unhumaniste. Il dénonce le corporatisme, le manque de productivité et d'enthousiasme de ses pairs, qui pénalisent des citoyens dont le sort désintéresse les élus. L'institution est en crise. On aimerait que tous ceux qui contribuent à rendre la justice partagent les exigences de cet homme de qualité. Saluons cet homme de loi dont la sincérité est aussi touchante que son célèbre zézaiement. Edit. Le Seuil, 188 pages, 17 €.

"Seznec le bagne" en Pocket. SEZNEC, LE BAGNE publié chez Robert Laffont puis chez France-Ioisirs est sorti en livre de poche le 3 octobre dernier dans la collection POCKET. Ce volume double comprend 16 pages de photos de très bonnes qualité. En quatrième de couverture l'éditeur a reproduit deux extraits de critiques de la presse.

Livres anciens sur l'Affaire Seznec. Ceux qui recherchent ou qui possèdent des livres anciens sur l'Affaire Seznec peuvent se faire connaître. Le Bernède (SEZNEC A- T-IL ASSASSINE ?) ci-contre est disponible chez un professionnel : Kilitou 0492789005. Nathalie THOMAS recherche NOTRE BAGNE de Jeanne Seznec. Ecr. : 11 rue de Bellevue, 22100 Lanvallay.

Les damnés du Prestige. Il était un petit navire... et d'un commandant qui avait trop commandé. En 2003 on récolte encore le pétrole dece navire-poubelle. Et pour longtemps encore: il reste 40 000 tonnes de quoi souiller nos côtes pendant dix ans !. Notre ami Régis LE SOMMIER, journaliste,a reconstitué tous les épisodes de ce drame. Edit. J-C Lattès, 250 pages, 16 €.

Ces magistrats qui tuent la justice. Un livre décapant et qui met les pieds dans le plat. Les grands scandales judiciaires récents y sont tous évoqués.Albin Michel, 19 €.

Anne raconte. Anne PRONOST raconte l'injustice qui a frappée les siens. Un Cheval d'orgueil avant l'heure. On y apprend que Jean MOULIN dénonçait déjà cette injustice. Ce beau li vre de mémoire est préfacé par Denis Seznec. L'Affaire de Chateaul'Hun, 20 € : 02 98 86 05 38.

Une vidéo dérangeante " Mandat d'arrêt contre un chercheur "

Loïc LE RIBAULT, criminalogiste réputé et fondateur du CARME, le célèbre laboratoire de microanalyse qui a permis de résoudre nombre d'affaires criminelles, est le héros involontaire d'un documentaire d'investigations de 52 mn. Réalisé par Jean- Yves BlLIEN et Pantxo ARRETZ après un an d'enquêtes et d'interviews en Europe auprès de membres de la com munauté scientifique, ce film renforce la conviction de nombreux observateurs que Loïc LE RIBAULT, en étant poursuivi par un mandat international - il est réfugié en Irlande actuellement - pour exercice illégal de la médecine, est poursuivi, en réalité, pour les investigations dérangeantes qu'il a effectué dans certaines affaires sensibles. Certaines étaient des affaires d'Etat et d'autres, relevaient, c'est acquis désormais, du "Secret défense ". Circulez, il ya rien à voir ! Si, justement cette vidéo. Pour l'obtenir : Satya productions, 112 bd Jean-Jaurès 92110 Clichy.

 

C'étaient nos principales informations.

Avec nos plus amicales salutations soyez assuré(e) cher(e) ami(e) de notre solidarité.

Le bureau de France Justice