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Circulaire n°17 - juillet 2001

Chère amie, cher ami,

Depuis le 1er mars (date de la circulaire n°16), il s'est produit de nombreux événements. Dès la fin du mois d'août ou début septembre, vous serez à même d'agir. Plus que jamais nous sommes en passe de réussir. Plus que jamais vous devez être mobilisés.

La requête en révision

Le 27 janvier 2001, rappelez-vous, la ministre de la justice, Marylise LEBRANCHU, déclarait à l'AFP : " IL FAUT ROUVRIR LE PROCES SEZNEC". Précisant qu'elle donnait " cinq mois aux services de son ministère pour présenter un dossier suffisamment bien ficelé " pour obtenir la révision du procès. Le 30 mars, comme vous le savez sûrement, la ministre déposait officiellement cette demande en révision. Deux mols seulement avaient suffi au ministère pour formuler la requête auprès de la chambre criminelle de la Cour de cassation. C'est donc la Chancellerie - une grande première - qui formule le souhait de voir réhabiliter Guillaume Seznec. Nous ne commenterons pas cette décision. La presse nationale (et internationale) l'a suffisamment fait. Une seule réaction, ce lundi 2 avril, lorsque la nouvelle tomba sur les télex, exprimait tout : celle de Denis Seznec lorsque, par un coup de téléphone, l'AFP lui apprit la grande nouvelle : AFP : " Denis Seznec, que déclarez-vous à la ministre de la justice qui vient, à l'instant, officiellement, de demander la révision du procès de votre grand-père ? " Denis Seznec : " Je l'embrasse ! " Cette réaction - à chaud et très spontanée - sera diffusée en boucle par France-Info toute la journée et reprise par toute la presse car elle résume parfaitement le sentiment de la quasi-totalité de la population française.

Echo médiatique : la totale

Comme vous l'avez sans doute constaté, la nouvelle a eu un écho considérable. Tous les journaux télévisés (13 h et 20 h) du 2 avril en ont fait leurs gros titres. Le lendemain c'est la totalité des quotidiens qui en a fait, à la Une, le titre le plus Important. En voici quelques-uns : MARYLISE LEBRANCHU RELANCE LA MACHINE JUDICIAIRE : LA MINISTRE DEMANDE LA REVISION DU PROCES SEZNEC (Ouest-France), SEZNEC PROCESSUS DE REVISION ROUVERT (La Montagne), AFFAIRE SEZNEC : PREMIER ESPOIR DE REVISION (La Provence), LA VOLONTE DE LA MINISTRE (Le Dauphiné libéré), AFFAIRE SEZNEC : ETAPE-CLE VERS LA REVISION DU PROCES (Midi-libre), SEZNEC : LA REVISION EN MARCHE (L'UnIon), AFFAIRE SEZNEC : UNE ETAPE-CLE (Le Télégramme), REVISION DU PROCES SEZNEC : 78 ANS DANS LE DOUTE (Sud-Ouest), SEZNEC " REHABILITE " PAR MARYLISE LEBRANCHU (Le Populaire), GESTE DE JUSTICE POUR SEZNEC (Le Havre-Presse), LA JUSTICE S'INTERROGE SUR SES JUGEMENTS (La Groix), SEZNEC, ENFIN (L 'HumanIté), QUAND LE DOUTE SAISIT LA JUSTICE (La Nouvelle République), LEBRANCHU VEUT ROUVRIR LE DOSSIER SEZNEC (Le Figaro), LA MINISTRE DEMANDE LA REVISION DU PROCES SEZNEC (Libération), L'OPINIATRE COMBAT DE DENIS SEZNEC A PAYE (Le Maine libre), L'AFFAIRE SEZNEC RELANCEE (La République du Centre). Les titres FRANCE REOPENS CASE OF FORGOTTEN DREYFUS ( " La France rouvre une nouvelle affaire Dreyfus ", Sunday Times du 15 avril), A MISCARRIAGE OF JUSTICE ABOUT TO BE RECTIFIED ( " Une erreur judiciaire va être reconnue ", Irish Times du 2 mai) et une longue interview de DS sur les ondes de la BBC indique clairement que l'opinion publique étrangère, notamment anglo-saxonne, n'est pas indIfférente à la bataille emblématique engagée pour réviser l'Affaire Seznec. Surtout, c'est la teneur de la plupart des éditoriaux de la presse écrite ou parlée qui nous a fait chaud au cœur : tous ont salué la décision de Marylise LEBRANCHU. Extraits: "AFFAIRE SEZNEC : UNE REVISION POUR L'HONNEUR! Un combat vieux de soixante-dix-huit ans, et qui a usé trois générations d'une même famille, va peut-être, enfin, aboutir. " (Le Progrès). " A LA UNE: en demandant la révision du procès Seznec, Marylise Lebranchu fait un geste à haute portée symbolique. Elle reconnaît la justesse du combat de Denis Seznec, le petit-fils du condamné. Mais au-delà de son cas, elle prend acte du caractère insupportable de l'injustice. C'est un engagement fort pour une ministre de la justice. " (Le Journal du Centre). " LA FEMME DU JOUR : MARYLISE LEBRANCHU. La décision de la ministre de la Justice est une première. Jamais, en France, la Chancellerie ne l'avait fait. Sans doute Marylise Lebranchu était-elle profondément convaincue de son innocence. Elle a même milité, au côté du petit-fils du condamné, pour sa réhabilitation. Devenue ministre et précisément de la justice, cela aurait pu être autre chose. La justice aime si peu reconnaître ses erreurs, même passées. Elle n'a pas tardé et elle vient de confirmer qu'elle était une femme de conviction et une femme de parole. "(L 'Humanité). Mais l'article qui résume le plus complètement les événements, selon nous, est l'article que le journal Le Monde a publié trois jours après ses confrères.

Pourquoi cette requête a des chances d'aboutir

Cinq raisons principales nous font espérer que cette demande de révision du procès de Guillaume Seznec a de fortes chances d'aboutir.

- La qualité de la demande. C'est la première fois de son histoire que la Chancellerie demande une révision d'un procès d'assIses. La ministre de la Justice n'a pas pris sa décision sur un coup de tête ou un coup de coeur . Lorsque, dès sa nomination au poste de garde des Sceaux, Patrick Poivre d'Arvor l'interviewe au 20 h de TF1 le 24 octobre 2000 et lui rappelle qu'elle a milité aux côtés de Denis Seznec, Maryllse Lebranchu réaffirme sa conviction de l'innocence de Seznec mais souligne en même temps qu'elle ne peut plus avoir le même regard et aborder le dossier de la même façon. Garde des Sceaux, elle doit s'entourer de toutes les garanties de droit. Bref, en tant que troisième personnage de l'Etat, elle ne peut pas faire n'importe quoi, fusse pour une bonne cause… Puis, le 27 janvier 2001, la ministre annonce sa ferme intention de demander la révision. Et le 30 mars, la décision est prise officiellement par la Chancellerie. Celle-ci, composée notamment de hauts magistrats, a eu cinq mois pour juger la recevabilité et les arguments de la requête. Une telle décision ne peut pas être prise à la légère.

- Le rôle de l'lnspecteur Bonny. Parmi les faits nouveaux présentés par la Chancellerie on suppose que le rôle néfaste de l'inspecteur Bonny occupe une place importante. On n'imagine pas un seul instant qu'une enquête conduite en grande partie par un tel personnage puisse encore être considérée comme crédible. Un Bonny qui a truqué toutes les affaires qu'il aura eu à connaître et qui sera chassé de la police pour falsifications de preuves (dans les affaires Stavisky et Prince notamment). Un Bonny qui avoua à plusieurs reprises " s'être trompé " dans l'Affaire Seznec. Un Bonny qui devint l'un des principaux agents de la Gestapo. Ne pas réviser une affaire dont l'enquête a été polluée par un policier véreux, serait totalement incompréhensible. L'opinIon publique serait scandalisée et c'est la justice elle-même qui risquerait de se discréditer en donnant, à nouveau, un brevet d'honorabilité dans l'unique enquête que Bonny, selon elle, n'aurait pas truquée.

- En révisant l'Affaire Seznec, la justice n'a plus à craindre LE précédent. C'était, selon les observateurs, ce qu'elle redoutait tant en 1996. En effet, depuis la loi du 23 juin 1989 qui modifiait la procédure de révision des condamnations pénales - dite " loi Seznec " - on pouvait supposer que la Justice redoutait, en révisant le procès Seznec, que la chose jugée soit systématiquement remise en cause. Cela pourrait expliquer le rejet du 23 juin 1996. Mais, depuis la création d'une cour d'appel en assises, le 1er janvier 2001, la donne a totalement changé. Désormais, pour prétendre obtenir la révision de son procès, un condamné devra être condamné au moins deux fois, et par deux cours d'assises différentes. C'est-à-dire que les futures demandes n'ont strictement plus aucune chance d'aboutir : aucun juriste sérieux ne peut concevoir que la Chambre criminelle de la cour de cassation puisse accepter de réviser le procès d'un Individu condamné deux fois par le Peuple français. C'était déjà rarissime lorsqu'il n'y avait qu'une seule cour...

- La Justice ne se déjugera pas : elle annulera. L'élément qui nous fait penser que Seznec a de très grandes chances d'être réhabilite est contenu dans l'esprit même de la loi du 23 juin 1989 - " Une loi sur mesure pour Guillaume Seznec " avait écrit Le Monde à l'époque. En effet, le législateur a prévu une procédure exceptionnelle dans le cas où le condamné est décédé. Si les cinq magistrats de la commission de révision votent un avis favorable, il n'y aura pas de nouveau procès. La Chambre criminelle devra simplement procéder à l'annulation du procès de 1924 et " laver la mémoire du mort ". Ainsi en révisant l'Affaire Seznec, la Justice sait pertinemment que ce sera la seule affaire à bénéficier d'une telle procédure et l'unique grande révision de son histoire. Ainsi, en réhabilitant Seznec, la Justice sortirait grandie d'avoir rendu l'honneur à un homme et à sa famille sans avoir vraiment été mise en situation de se déjuger.

- Seznec est déià réhabilité moralement. Dans l'un des balanciers, il y a Guillaume Seznec qui est déjà réhabilité dans l'opinion, et dans l'autre, Bonny, le personnage le plus honni de notre histoire contemporaine. La justice n'a vraiment aucun intérêt à se pencher du mauvaIs côté : elle y perdrait beaucoup trop d'honneur et de crédibilité. Bien entendu, on ne peut exclure la possibilité d'un vote négatif. Trois voix pour, sur cinq, c'est très fragile. Il suffit d'une seule voix… pour faire pencher la balance. Ce vote est capital car, il engage pratiquement la Chambre criminelle qui siégera ensuite en Cour de révision. En effet, Seznec étant décédé, la Commission n'aura pas le sentiment de ne transmettre qu'un avis comme dans le cas d'un condamné vivant où elle sait pertinemment que c'est une nouvelle cour d'assises, éventuellement, qui jugera celui-ci (exemple: Patrick DILS ou, peut-être, Omar Raddad…). Mais si, par malheur, la Commission de révision devait rejeter la requête formulée par la Chancellerie, elle sait que ses attendus devront pratiquement faire la démonstration de la culpabilité de Seznec : pour se justifier afin d'affronter une opinion publique qui ne comprendra sûrement pas. Et dans une affaire dont on ne sait même pas si il y a eu un crime, cela ne sera guère facile…

Quels faits nouveaux ?

La teneur de la requête présentée par la Chancellerie n'a toujours pas été communiquée aux avocats de Denis Seznec. Celui-ci ignore donc si, parmi les faits nouveaux inscrits, figurent la découverte du procès-verbal et de trois photographies que la gendarmerie avait prises dans Ies années cinquante à Traou Nez.. Il s'agissait de la présence de ce qui semble être un crane dans la propriété de PIerre Quémeneur. D'autant plus qu un témoin de I'époque a été retrouvé par Daniel LEPETITCORPS et interrogé, en janvier 2001 par le détective privé Roger-Marc MOREAU. Ce témoin se souvient de la découverte du crâne et de la discrète enquête des gendarmes. Et puis, il y a cette balle de revolver, extraite d'un portail de la propriété de Quémeneur par le juge HERVE. Cette balle sous scellée, découverte dans les archives du juge par DS n'a jamais été examinée par la JustIce. Un crane, une balle, des photos, un proces-verbal… La piste de Traou Nez devrait figurer obligatoirement parmi les faits nouveaux. Est-ce que la recherche des archives de la gendarmerie aura lieu ? Et celles concernant la carrière de l'inspecteur Bonny ? Ont-elles été réclamées par la Chancellerie ? Et puis la machine à écrire mérite que l'on s'intéresse à elle de près : Catherine CLAUSSE, généalogiste-enquêtrice, a réuni des éléments troublants sur cette machine infernale. Selon une étude qu'elle a fournie aux avocats, il est démontré :

- que la machine à écrire qui a été saisie chez Guillaume Seznec ne pouvait pas avoir été achetée par lui au Havre le 13 juin 1923 ;
- que Guillaume Seznec n'aurait pas pu prendre un train, le 13 juin 1923, à la gare St-Lazare pour Le Havre ;
- qu'il n'aurait pas pu, le même jour, prendre un train du Havre vers Paris ;
- que c'est bien le 13 juin 1923 que Guillaume Seznec et Maître Bienvenue se sont rencontrés ;
- que les promesses de vente contiennent de nombreuses anomalies qui permettent d'en contester l'authenticité.

Tous ces éléments devraient être examinés, selon nous, par la Commission de révision. Pour obtenir une réponse à toutes ces questions et avoir l'assurance que le maximum d'éléments soient entre les mains de la Commission de révision, les avocats Jean-Denis BREDIN et Yves BAUDELOT ont écrit à son président ainsi qu'au Cabinet de la garde des sceaux afin de demander que Denis SEZNEC soit entendu.

Quand ?

C'est la question que tous les journalistes posent. Quand la décision sera-t-elle rendue ? Personne ne peut le savoir. Tout va dépendre des investigations entreprises par la Commission de révision. Au cours d'un débat télévisé sur l'Affaire Seznec et la procédure de révision (Odyssée 28, 29, 30 juin et 1er,2 et 3 juillet 2001, illustré par une rediffusion de Seznec, la mémoire du bagne) Jean-Pierre BERTHET répondait à Gérard CARREYROU: " Oh là! L'Affaire Seznec, ce ne peut pas être court ! Deux ans, au moins, c'est trop important ! " L'avis du président des chroniqueurs judiciaires est ce qu'il est, raisonnable. Au cours de cette même émission, Maître Georges KIEJMAN a tenu des propos très favorables à la cause, soulignant le rôle néfaste de Bonny, Valéry TURCEY, président de l'USM (syndicat majoritaire des magistrats) présent également, a indiqué à Denis SEZNEC que le doute, au moins, devait toujours conduire les magistrats à prendre une mesure favorable au condamné lors de telles décisions.

Toutefois il rappelait que le regard des magistrats ne pouvait qu'être" technique" : le fait nouveau est-il valable ou non ? Point. DS lui rappelait que son grand-père avait été condamné - à une seule voix de majorité - sur la base de l'intime conviction Et qu'il serait normal, selon lui, que l'on retrouve une part de cette même intime conviction dans la décision future des hauts magistrats de la Commission de révision. Ne répondre que" techniquement" dans une affaire où les faits nouveaux sont d'autant plus difficiles à trouver qu'il n'y avait strictement aucune preuve de culpabilité - aucun cadavre, aucun témoin, aucune arme, rien serait intellectuellement absurde.

Pour illustrer ses propos il lui donnait l'exemple de Gherdy : la Commission de révision de 1996 avait rejeté ce fait nouveau, bien qu'elle ait admis l'existence de ce personnage trouble comme "un fait nouveau incontestable". Les magistrats avaient, alors, jugé ce fait insuffisant pour déclencher une telle procédure ! Selon Denis SEZNEC, si l'état d'esprit d'une partie de la magistrature n'a pas changé - on ne revient jamais sur la chose jugée - tous les faits nouveaux du monde, techniques ou pas, ne suffiront jamais. Il n'y aura pas de révision. En revanche, si l'état d'esprit de ceux qui rendent la justice a évolué, oui, il y a de grandes chances que son grand-père soit réhabilité. En conclusion, à travers cette Affaire emblématique, la Justice va indiquer clairement si elle a su évoluer, et accepte désormais de reconnaître, de temps en temps, qu'elle puisse se tromper. La présence de Valéry TURCEY débattant avec lui semble indiquer que les choses évoluent dans le bon sens…

Un signe que les choses évoluent : les débats

Effectivement, après avoir invité DS le 8 décembre 2000 à débattre au cours du colloque sur l'erreur judiciaire à l'ENM (Ecole nationale de la Magistrature), il semble que, désormais, la crédibilité du discours entourant la demande en révision est totalement reconnue. Exemples : lorsque DS est l'invité de Patricia MARTIN sur France-Inter (26 mars 2001) pour dénoncer des dysfonctionnements de la justice c'est l'avocate générale près la Cour de cassation, Dominique COMARET, qui accepte de venir débattre avec lui. En direct. C'est courageux car DS dénonce l'attitude de certains magistrats dans l'affaire des disparues de I'Yonne et évoque la responsabilité de juges qui commettent des fautes lourdes. C'est aussi le débat télévisé dirigé par Jean-Pierre ELKKABACH au Sénat le 5 juin 2001 - qui réunissait des avocats tels que Jacques VERGES et Daniel SOULEZ-LARIVIERE, Jean-Paul MOISAN (professeur spécialiste de l'ADN) ou Denis SALAS (maître de conférences à l'ENM) pour débattre sur l'erreur judiciaire : tous approuvaient les propos tenus par DS. C'est Eric de MONTGOLFIER qui, à Nice le 24 juin 2001, vient s'entretenir avec lui. C'est aussi son invitation à HEC pour débattre sur la justice avec les étudiants. Etc. Tous ces débats indiquent que, malgré les propos dérangeants, l'honorabilité du message est passé auprès de la haute magistrature.

Patrick Dils : un verdict surprenant

Le 29 juin dernier, Patrick DILS a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des mineurs de la Marne pour le meurtre de deux enfants en Moselle, en 1986. Ce nouveau procès faisait suite à la procédure de révision ouverte en 1988 et qui s'était conclue par la reconnaissance d'un fait nouveau incontestable : la présence sur les lieux du crime, le jour du crime, du tueur en série Francis HEAULME. Les magistrats avaient reconnu que cet élément, inconnu de la première cour d'assises, pouvait faire un doute sur la culpabilité du condamné. En début de ce nouveau procès, il avait d'ailleurs été rappelé aux jurés que le doute devait profiter à l'accusé. Cette nouvelle déclaration de culpabilité est surprenante puisque l'avocat général lui-même avait réclamé l'acquittement de Patrick DILS sans fonder son réquisItoire sur la présence de Francis HEAULME sur les lieux du crime mais en s'appuyant sur des éléments déjà présents dans le dossier. Les parties civiles, quant à elles, n'avaient pas souhaité une SI lourde condamnation.

Depuis 1945, six procédures de révision ont eu lieu. C'est la première fois qu'une procédure en révision ne débouche pas sur un acquittement. Bénéficiant de la nouvelle loi qui permet de faire appel d'un jugement d'assises, Patrick DILS a fait appel du verdict espérant être acquitté au cours d'un troisième procès. Coup de théâtre, le 5 juillet dernier : le parquet faisait appel à son tour. Ce qui signifie que Patrick DILS, s'il est recondamné une troisième fois risque de l'être encore plus lourdement ! Au cours de ce procès à huis clos, qu'a-t-il pu être dit ou prouvé de si grave pour que le doute n'ait pas eu sa place ? Un tueur en série qui a déjà assassiné un enfant, s'est trouvé sur les lieux du meurtre des deux enfants qui lui ont - il l'a reconnu lui-même - jeté des pierres. Comment ne pas avoir, au moins, un doute sur la culpabilité de Patrick DILS, un jeune adolescent très fragile psychologIquement ? Le lendemain du verdict, le 30 juin, TF1 interviewait DS dans son 20 h sur la procédure de révision.

Les six précédentes révisions

Les six précédents procès en révision depuis 1945 se sont tous conclus par un acquittement. En 1955, la cour d'assises du Loiret avait acquitté Jean DESHAYS, condamné en 1949 à dix ans de travaux forcés pour le meurtre d'un vieillard. En 1969, Jean-Marie DEVAUXavait été innocenté par la cour d'assises de la Côte-d'Or du meurtre de la fille de son patron, pour lequel il avait été condamné à vingt ans en 1963. En avril1985, Roland AGRET, condamné en 1973 pour complicité dans l'assassinat de deux personnes, était acquitté par la cour d'assises du Rhône. En juin de la même année, Guy MAUVILLAIN était à son tour blanchi par la cour d'assises de la Gironde du meurtre d'une vieille dame, après avoir été condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle. Les deux derniers procès en révision ont eu lieu après la réforme de 1989 (" Loi Seznec ") qui a simplifié la procédure. Rida DAALOUCHE, condamné pour coups mortels en 1994 a été acquité en 1999 par la cour d'assises de l'Hérault. Rabah MERADI, condamné pour viol et agression sexuelle en 1993, n'a pas été rejugé, mais sa condamnation a été partiellement annulée.

Le cadavre sans tête de Sion-les-Mines

Dans son édition du 8 avril 2001, le journal Presse-Océan a consacré une pleine page à l'Affaire Seznec en relançant l'hypothèse de l'assassinat de Quéméneur à Sion-Ies-Mines par le marchand de bestiaux " Risque-tout ". Un corps sans tête avait, en effet, été retrouvé dans la commune le 27 juIllet 1923, soit deux mois après la disparition du conseiller général du Finistère. Michel SORIN, retraité nantais, explore cette piste depuis plus de dix ans en collectant des renseignements, des témoIgnages et des indices. Il a pris l'Initiative d'adresser ses conclusions au garde des Sceaux. Contact Michel Sorin : 02 40 46 33 94.

Livre censuré : la preuve 70 ans après

La sortie du livre de Maurice PRIVAT, Seznec est innocent, paru en 1931, avait, semble-t-il, gêné le pouvoir politique en place. Celui-ci avait, en effet, tenter d'interdire la diffusion de ce livre. PRIVAT, la Ligue des droits de l'Homme et le juge HERVE avaient dénoncé, alors, une censure souterraine mais n'avaient pu la prouver. Soixante-dix ans après, nous avons enfin la preuve de celle-ci grâce à un bouquiniste, Philippe CARREY. Celui-ci a retrouvé un papillon Intitulé " Avis important " dans l'un des livres de PRIVAT avec le texte suivant : " Messieurs les libraires sont priés dès réception du présent avis de retirer de la vente le volume Seznec est Innocent de Maurice Privat paru dans la collection Documents secrets et de joindre les invendus à leur prochain retour. Messageries Hachette." VoIlà comment dans une démocratie on censure un livre gênant: en le retirant de la vente quitte à le classer " invendu ".

Disparues de l'Yonne (suite)

La ministre de la justice a saisi le Conseil supérieur de la magistrature pour qu'il décide des possibles sanctions disciplinaires contre trois magistrats du parquet d'Auxerre responsables de graves négligences dans l'affaire des disparues de I'Yonne pour laquelle Emile LOUIS est actuellement incarcéré. Cette décision intervient après que la garde des sceaux ait pris connaissance du rapport qu'elle avait commandé à l'Inspection générale des services judiciaires sur les dysfonctionnements de ce tribunal. Ce rapport conclue " au fonctionnement défectueux du tribunal d'Auxerre " et note que " la passivité du parquet peut surprendre " ...

A Grasse on dysfonctionne grave

Une nuit de mars 2001, un homme appelle le commissariat de Grasse pour demander de l'aide car un groupe d'individus tente d'entrer de force dans l'appartement qu'il occupe avec sa compagne. Le policier qui réceptionne l'appel ne donne pas suite... L'appartement est finalement saccagé par quatre jeunes individus, dont deux mineurs, qui, après avoir neutralisé l'homme, violent sa compagne. Un deuxième appel passé au commissariat par le couple décide enfin les policiers à se déplacer sur les lieux plus d'une heure et demie après les faits. Les policiers ne préviennent ni le médecin chargé d'assister la victime ni l'officier de policier judiciaire. En rentrant au poste ils se contentent d'un bref signalement des faits en prenant soin de supprimer l'heure du premier appel sur le cahier d'enregistrement. Si ces faits ont été finalement connus c'est simplement parce que les jeunes sont revenus sur les lieux pour à nouveau terroriser le couple. C'est cette seconde agression qui déclenchera enfin une enquête. Les victimes ont porté plainte et une information judiciaire a été ouverte. Elle s'est traduite par la mise en examen des trois policiers pour non assistance à personne en danger et faux en écriture. L'un d'entre eux a été écroué à Draguignan pour non empêchement d'un viol. Les deux mineurs mis en cause dans le viol ont été remis en liberté...

A Las Vegas on dysfonctionne encore plus

Le 15 mars dernier, la ministre de la justice a demandé des explications aux autorités américaines et réclamé la visite d'un responsable du FBI à propos de l'assassinat de Philippe Le Menn par des policiers de Las Vegas. Depuis on a découvert quatre autres morts suspectes dans cette affaire où des policiers ripoux agissent en liaison avec la mafia. Sans la réaction des amis de Le Menn - et des autorités françaises désormais - la mort du ressortissant français aurait été considérée comme "accidentelle"...

Michael, matricule 108652-X, enfin libre !

Le 15 février dernier, Michael Pardue a vu enfin s'ouvrir les portes de la prison de Saint-Clair en Alabama. C'était pour lui la fin du cauchemar de vingt-huit années de détention pour rien. Le combat contre l'injustice a été kafkaïen. En 1997 il était reconnu officiellement innocent des trois meurtres que des policiers lui avaient attribués. Mais, pour s'être échappé de la prison où il était enfermé à tort, Michael Pardue avait été condamné à perpétuité sans aucune libération conditionnelle possible. (Cela est dû à une loi américaine surnommée " Three strikes law ", qui sanctionne extrêmement lourdement les multirécidivistes). L'Amérique était indifférente au sort de cet innocent emprisonné - pas de comité de soutien, aucun article dans la presse, etc. Dans les circulaires n° 11 et n° 14, nous évoquions son cas grâce à Fabienne Gérard, membre de FJ, qui était entrée en contact avec Michael Pardue. Dans une lettre, il lui répondait qu'il remerciait l'opinion et les médias français (Libération venait de publier un papier) de s'intéresser à son cas car il se sentait bien seul, face à l'indifférence effrayante de l'opinion américaine. Nous vous avions demandé alors de lui écrire dans sa prison de Springville pour le soutenir. Depuis il a été enfin libéré. C'est en lisant le Libération cité qu'un jeune avocat, Thomas LEMAIRE (fils de Me PhilIppe LEMAIRE, membre de FJ) sera révolté par l'étroitesse d'esprit des juges américains, a décidé de publier une enquête sur ce cas exemplaire: La justice jusqu'à l'absurde (Edit. Fayard). Au cours d'une l'émission de télévision, Jean-Pierre ELKKABACH soulignera cette chaîne de solidarité.

Guyane

Un documentaire de 90 minutes, piloté par Canal+, entièrement consacré à une contre-enquête sur l'Affaire Seznec, va être tourné dès la rentrée prochaine. Piloté par Bernard NICOLAS, une partie de ce tournage se déroulera en Guyane. Pour préparer la venue de l'équipe, DS s'est rendu, fin mai, sur place en Guyane. Il a d'abord donné une conférence-débat sur le bagne devant 400 personnes à la mairie de Cayenne. Ensuite reçu par M. Pierre MOSKWA, directeur général du Centre spatial, à Kourou, il a obtenu l'assurance d'une aide logistique pour le film ainsi que l'accord pour la pose d'une stèle du buste de Guillaume Seznec sur I'île Royale. L'armée l'a assuré également de son aide en hommes et matériels. Le maire de Kourou, M. Antoinette, au cours d'une réception lui a annoncé la décision du conseil municipal de baptiser une avenue du nom de Guillaume Seznec. Pendant tout son séjour, aux îles du Salut comme sur le Maroni, il a été accompagné par un journaliste de Paris-Match qui va publier plusieurs pages, fin juillet.

Seznec, le bagne

Depuis la sortie du livre de DS, celui-ci reçoit de nombreux témoignages de familles de bagnards et de gardiens. Certains très émouvants, comme cet ancien gardien qui, à 87 ans, a avoué aux siens qu'il n'avait jamais été militaire mais…garde-chiourme en Guyane. Seznec, le bagne est bien diffusé et remporte un vif succès. II est classé dans toutes les listes des meilleures ventes (Livres-Hebdo, Le Point, NouvelObs, L'Express). La FNAC lui a attribué un coup de coeur et l'a classé dans ses dix meilleures ventes des deux derniers mois. Les critiques sont excellentes. Et une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, la nouvelle édition de Nous, les Seznec est relancée. Plusieurs retirages de celui-ci ont déjà eu lieu. Grâce au bulletin d'adhésion figurant à la fin des deux livres - et grâce aussi à I'actualité. . . - 220 membres nouveaux en deux mois ont rejoint notre association. Pour soutenir le lancement de son livre, DS entame une vaste campagne de signatures partout en France. Consultez notre site Internet ou notre répondeur. Dès cet été il sera principalement dans l'Ouest. Quatre conférences sur le bagne y sont également programmées: à La Baule le 14 juillet, à St-Martin-de-Ré les 20 juillet et 10 août, et à Lorient le 6 aout.

Soutiens

Suite à une jalousie d'auteur une jeune étudiante a cru bon d'abreuver les rédactions et de nombreuses personnalités de lettres attaquant le lIvre de DS. Le ton et les arguments sont tellement outranciers que cette personne s'est elle-même discréditée. Elle et son mentor. Car la prétention et la pédenterie de ces missives ne peuvent, en effet, tromper personne : ces attaques, qui se veulent blessantes, cachent mal une volonté de nuire. Et celle-ci, tapie dans l'ombre, est beaucoup plus réfléchie. Pas dupes ou outrés par ces propos aussi malveillants, un grand nombre de journalistes et de personnalités, ayant reçu ces courriers ou ayant été contactés, ont jugé nécessaire d'écrire des mots de sympathie ou exprimer leur soutien à Denis Seznec. Parmi ces réactions, voici celle qui émane des trois personnes les plus autorisées à s'exprimer dans le domaine du bagne. Ce sont trois docteurs: Mme Danielle Donet-Vincent, docteur en histoire, Mme F, Durand-Evrard, conservateur général responsable du Centre des archives d'outre-mer, Mme Odile Krakovitch, conservateur général honoraire des Archives nationales. Elles ne répondent qu'à une seule lettre - celle qui, adressée entre autres à l'éditeur de Denis Seznec, avait tenter de le discréditer sur le plan historique et de I'honnêteté intellectuelle - et ont pris le soin de l'écrire sur en-tête du ministère de la culture.

Assemblée générale : en décembre, à Paris

L'Assemblée générale se tiendra au mois de décembre 2001 à Paris. Elle s'annonce particulièrement importante cette année, étant donné les événements et le nombre de nouveaux adhérents. Le lieu exact n'est pas encore déterminé. Selon nos statuts, aucune élection n'est prévue cette année.

C'étaient les principales informations dont nous disposions.

N'oubliez pas de consulter régulièrement le site internet de France.Justice : www.Multimania.com/fjustice ainsi que le répondeur O1.42.85.01.76.

Du fait que nous sommes débordés, nous traitons le courrier avec beaucoup de retard. Merci pour votre compréhension. D'autre part, sachez qu'un nouvel " appel " (4 pages) vient d'être tiré à plusieurs milliers d'exemplaires. N'hésitez pas à nous en réclamer pour faire connaître France-Justice. Faites adhérer vos relations, amis et parents. Plus nous serons nombreux, plus nous pèserons moralement !
Avec nos plus amicales salutations nous vous assurons, chère amie ou cher ami, de notre solidarité,

Le Bureau de France-Justice.

Petites infos

Tri Yann. Le 2 mars au Zénith devant 15000 personnes, ils ont mis le paquet, avec Hugues Auffray, pour la cause. Ils ont chanté Délivrance. Le 24 juillet ils seront au Festival de Cornouaille à Quimper. Leur site internet : www.tri-yann.com

Adhésions. Parmi les nouveaux adhérents: Pierre Delignière, pt de Bretagne-Ecosse; docteur Gilbert Huc ; Joël Fuzellier ; maire; Jean-Paul Dussart, agent fédéral de l'Etat belge ; Cyril Guinet, rédacteur en chef de Détective .

Sympathie. Nous adressons un petit salut amical à Claude Sérillon. Membre de FJ depuis le début, il a toujours eu de l'amitié pour la cause. C'est avec tristesse que nous le voyons quitter le 20 h de France 2. Doublement car c'est un des rares journalistes qui ose encore poser de vraies questions aux responsables politiques de tous bords. La cause de son éviction ?

Médias

Quelques-uns des principaux articles ou émissions importantes ayant traité de l'Affaire Seznec ces derniers mois. Les articles parus dans la presse régionale ou locale ne figurent pas dans cette liste non exhaustive.

5 mars 2001. RTL à 8 h 20 - Emission Transparence. DS avec Thierry Demaisière.

6 mars 2001. 13 h de France 2. Interview de J-L Jossic soutien à OS et Lebranchu.

13 mars 2001. Canal+. Nulle part ailleurs illustre la remise en cause de la justice par des images concernant l'Affaire.

23 mars 2001. DS au magazine de TV-Rennes. OS au journal de TV Breizh.

26 mars 2001. France-inter. Alter égo. Débat sur l'erreur judiciaire avec DS et l'avocate générale de la cour de cassation.

29 mars 2001. TF1. Vol de nuit. OS avec Patrick Poivre d'Arvor , Jean Raspail, Jean-François Khan, Patrick Besson.

1 avril 2001. RTL, émission à 18 h. . 2 avri12001. La totale. AFP. Toutes les télés, radios et journaux. Tous les 13 h et 20 h TV. France-info en boucle.

3 avril 2001. Une avec photos de toute la presse écrite régionale et nationale. Ouest-France comme Le Télégramme consacre sa Une et sa dernière page, ainsi que des articles en pages intérieures. France-culture, Pot au feu, OS en direct. Europe 1, Exprimez-vous, DS en direct dans studio. OS longuement interviewé sur la BBC.

4 avril 2001 Canal+. Nul part ailleurs. DS en direct sur le plateau à 19 h 30-20 h. Europe 1, émission de 23h.

5 avril 2001. Grand article du Monde.

6 avri1 2001. France 3, On ne peut pas plaire à tout le monde. DS en direct avec Marc-Olivier Fogiel.

8 avril 2001. Presse-Océan consacre une page entière à la piste de Sion-les-Mines. . 11 avril2001. Toute la presse régionale diffuse la m~me page couleur représentant un montage sur l' Affaire Seznec.

12 avril 2001. Le Nouvel Observateur consacre 4 p à la bataille de DS.

13 avril 2001. France-inter. 2000 ans d'histoire consacrée à l' Affaire Seznec.

14 avril 2001. TéléK7. 1 p. DS : le bagne de l'enfer.

15 avril 2001. Sunday Times (GB) consacre un grand article à l' Affaire Seznec.

20 avril 2001. Pèlerin-magazine consacre 3 p à l' Affaire Seznec. Paul Lefèvre y livre son intime conviction.

21 avril2001. Télé-7 jours révèle que Canal+ va réaliser un 90 minutes à une contre-enquête sur l'affaire Seznec.

2 mai 2001. L 'Irish Times (Irlande) consacre un grand aticle à l' Affaire Seznec.

7 mai 2001. Marianne. Grand article de 4 p. Le dossier noir des erreurs judiciaires: seul Seznec va être réhabilité.

10 mai 2001. Gala. Grand article de 3 p. DS Si mon gd-père est réhabilité, j'aurai rempli ma vie.

19mai 2001. Télé-loisirs. Article de 2 p. Comment Seznec a survécu à 20ans de bagne.

21 mai 2001. Libération consacre sa dernière page, Portrait, à DS. . Juin. Le mensuel Spectacle du monde consacre plusieurs pages à l'Affaire Seznec.

Du 6 juin au 11 juillet 2001. Détective consacre 3 chaque semaine au livre Seznec, le bagne dans six numéros.

29 juin 2001 AFP. Nombreux journaux reproduise stèle Seznec qui va être érigée à I'île Royale.

14 juillet 2001. Télé-star consacre 1 p à l'occasion de le rediffusion d'un Cinq colonnes à la Une à l'Affaire Seznec.