Circulaire n°15 - novembre 2000
Chère amie, cher ami,
Cette fois-ci, c’est avec trois mois de retard que vous recevez cette circulaire ! Cela est dû à trois raisons :
Nous sommes tous des bénévoles. L’avantage est la sincérité de l’engagement. Le désavantage est la non- disponibilité et le manque de moyens matériels. Erwan L’Eléouet, qui est chargé de la rédaction des circulaires, est parti à Lorient où il ssume le poste de rédacteur en chef d’une émission pour TV Breizh (la nouvelle chaîne satellite) ;
Denis Seznec est complètement débordé. Centralisant, par la force des choses, 90 % de l’information, sa disponibilité est essentielle à la bonne marche de F-J. Malheureusement, il est sur plusieurs fronts à la fois : celui de la réforme de la justice (institution d’une cour d’appel en assises, réforme de la prison, etc.), celui de la requête en révision de l’Affaire de son grand-père (avocats, ministère, etc.), celui de France-Justice (courrier, interventions, conseils, conférences, etc.) et... celui de son éditeur qui attend depuis cinq ans un manuscrit qu’il doit impérativement terminer avant la fin de cette année. Il a reporté la quasi-totalité de ses conférences en 2001.
Les structures de France-Justice. Nous sommes dispersés aux quatre coins de la France. Beaucoup de volontaires veulent participer mais, au stade où nous en sommes, nous perdrions de notre efficacité.
Lors de notre prochain conseil d’administration, le dimanche 29 octobre 2000, le problème sera posé. En attendant, nous vous conseillons d’appeler régulièrement le répondeur : Denis Seznec s’est engagé à renouveler lui-même les messages très régulièrement (au début de chaque mois, et plus en cas d’actualité). Et de consulter le site Internet : Stéphane Cohan s’est engagé, lui aussi, à mettre à jour le site tous les mois, avec une case « Message urgent ». Alors, même si vous avez manqué de nouvelles, soyez rassurés, notre association n’a jamais été aussi active ! France-Justice est désormais reconnue et bénéficie d’un fort crédit de sérieux : la preuve, elle est systématiquement conviée dans tous les grands débats concernant la justice.
Nous vous convions à venir à l’Assemblée générale, le samedi 2 décembre (précisions en dernière page). Voici les principales informations :
La requête : nous mène-t-on en bateau ?
Aucune réaction de Mme Elisabeth Guigou suite à l’appel lancé par Denis Seznec, le 21 juillet 2000, à Plomodiern devant 600 personnes en présence de Mme Colette Noll. Pourtant l’appel a été repris par toute la presse, écrite et télévisée. Les avocats se sont réunis le jeudi 21 septembre avec DS pour faire le point. Le chef de cabinet de la ministre de la justice, M. Vigouroux, apparaît lui-même gêné du silence à propos de la requête en révision. DS a de plus en plus le sentiment qu’on le mène en bateau : apparemment la demande reçoit un écho favorable - un soutien unanime même de la part de la classe politique - mais rien, absolument rien, ne bouge concrètement. Seulement des réponses indirectes et contradictoires à divers intervenants. Comme cette réponse de Mme Guigou à M. Bayrou qui précise qu’il n’y a pas suffisamment d’éléments pour introduire une procédure en révision, alors qu’un sénateur reçoit, de son côté, une réponse indiquant que le dossier est sérieux et demande réflexion… Devant la non-réponse à leur requête - cela va faire deux ans ! - et le fait que Mme Noll, âgée, n’a toujours pas été entendue par la justice, les avocats, Me Jean-Denis Bredin et Me Yves Baudelot, ont décidé de prendre une initiative forte dans tes toutes prochaines semaines. L’inertie de la ministre de la justice devient insultante à leur propre égard. Et que penser de la non-réponse à la lettre de Mme Geneviève de Gaulle ?
DS nous a informés de tous ces éléments. Nous ne pouvons que rester perplexes : trop de promesses non tenues lui ont déjà été faites. Avec les propos que nombre d’avocats ou professionnels de la justice nous tiennent ces derniers mois, nous avons acquis à France-Justice, la conviction que l’on mène Denis Seznec en bateau afin de gagner du temps. Seule la Garde des sceaux peut agir, encore faut-il qu’elle sente une farouche volonté d’aboutir. De la part de Denis, il n’y a aucun doute. C’est au plus haut niveau de I’Etat de décider s’il convient ou non de réviser. C’est un choix clair et simple : réhabiliter Seznec, innocenté depuis longtemps par l’opinion, ou bien continuer à couvrir Bonny, le policier des basses besognes, l’homme de la Gestapo. Une décision qui laissera, forcément, une trace devant le tribunal de I’Histoire.
En attendant, la ligne de conduite de la ministre de la justice ne serait-elle pas d’éviter à tout prix de faire des vagues, d’indisposer la haute magistrature, avant les Présidentielles ?
Mme Guigou prête à réviser... certains procès
Dans le cadre du projet de loi sur la présomption d’innocence, les parlementaires français ont adopté un amendement qui prévoit la création d’un commission de sept magistrats de la Cour de cassation. Cette commission sera compétente pour rejuger les décisions de la justice française condamnées par la Cour européenne des droits de I’Homme. Elle pourra être saisie par le condamné ou ses ayants droit, par le ministre de la justice ou le procureur général auprès de la Cour de cassation. Elle siégera en audience publique et pourra elle-même rendre une décision ou renvoyer l’affaire devant une juridiction différente de celle qui a rendu le premier jugement. Jusqu’à présent, les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme donnaient lieu à des indemnisations versées par la France aux victimes de décisions de justice abusives. Mais lorsque le préjudice ne pouvait être réparé uniquement par une indemnisation les arrêts de la Cour de Strasbourg restaient sans suite. La Cour européenne juge les atteintes à la Convention européenne des droits de I’Homme, appliquée depuis 1953. Elle peut être saisie par tout citoyen s’estimant victime d’une atteinte à ses droits. DS avait saisi cette institution européenne en juillet 1996. Reçu par le conseiller en justice du Président de la République, il avait finalement retiré sa plainte début 1997. Ses avocats envisagent de saisir à nouveau l’instance européenne, surtout si les faits nouveaux ne font pas l’objet du moindre examen et que les dossiers concernant l’inspecteur Bonny, le chef de la Gestapo, ne leur sont pas communiqués.
Piste du crâne : du nouveau
En 1996, Daniel Le Petitcorps, fils du chef de la brigade de gendarmerie de Paimpol, avait retrouvé des documents prouvant la découverte d’un crâne à Traou Nez en 1953. Cette découverte avait été l’objet d’une grande couverture médiatique. En poursuivant ses recherches, Daniel Le Petitcorps vient de faire une nouvelle découverte : en 1951) un crâne et un fémur avaient été retrouvés dans la propriété de Traou Nez, à 1200 mètres du manoir de Quémeneur. Précisément au lieu-dit Coatermit - où nous avons tenu notre AG 1999 ! - par Mme Brunet, la directrice d’une colonie de vacances. Les gendarmes alertés par Mme Mazier, la femme du député des Côtes-du-Nord et organisatrice du séjour, entreprirent des recherches. La presse locale avait souligné, alors, que, dans la commune de Plourivo et ses environs, aucune disparition n’avait été signalée depuis l’Affaire Seznec. Le parquet de St-Brieuc avait été saisi. Or, il n’y a aucune trace de cette découverte dans le dossier. Ces éléments d’enquête, comme le crâne et le fémur, se sont volatilisés ! A moins qu’ils aient brûlés, eux aussi, dans l’incendie du Parlement de Bretagne ! Nous avons demandé à notre ami Roger-Marc Moreau, dirigeant de la célèbre officine de recherches (et membre de FJ) d’entamer une enquête.
Piste Quémin : du nouveau
Une certaine Mme Gresteau, accompagnée de sa petite-fille Romy, ont rencontré DS le 15 septembre pour lui faire part de ceci : le grand-père de son époux, entrepreneur de maçonnerie, avait été embauché par les Quémin en juin 1923 à Nogent-le-Roi. Ceux-ci lui avaient demandé de construire des fondations pour leur porcherie. Le lundi suivant, alors que les travaux n’avaient pas encore commencés, les fondations étaient déjà coulées. L’artisan n’eut pas le droit de se rendre sur le chantier – « Ne vous occupez pas de ça ! » - et fut réglé entièrement, sur le champ, par les Quémin. Le maçon fut intrigué par leur comportement, d’autant plus qu’ils n’avaient pas l’habitude de régler facilement leurs dettes. Lorsque l’on sait que la disparition de Quémeneur s’est produite, en juin 1923, dans la région (la gare de Houdan n’est qu’à une vingtaine de kilomètres), et que des fouilles ont été entreprises par les gendarmes chez les Quémin - ils avaient, en effet, une « réputation de tueurs » - parce qu’ils avaient été vus par un témoin, M. Viet, traînant un corps la nuit, en début du mois de juin, dans leur propriété, près de leur parc à cochons, justement, on ne peut qu’être intrigué. A l’époque, Marie-Jeanne Seznec - alertée en 1926, soit trois ans après le témoignage de Viet ! - s’était alors déplacée à Nogent-le-Roi et avait appelée la population à l’aider dans ses recherches. L’Action républicaine, le grand journal de la région, avait même fait de nombreuses Une sur ce rebondissement. (Lire NLS, nouvelle édition p. 267). L’artisan, parent de Mme Gresteau, n’a jamais parlé, par peur d’avoir des ennuis probablement. Ce nouveau témoignage est si troublant que nous avons demandé à Liliane Langellier, ancienne journaliste de l’Express et membre de FJ, qui habite la région, d’enquêter. Eventuellement, Roger-Marc Moreau, le détective, viendra l’assister. A suivre.
Expertises privées
De nouvelles expertises en écritures, sur reproductions, ont été fournies par Catherine Clausse, généalogiste. Selon cette étude, non seulement Seznec n’est pour rien dans les faux en écritures qu’on lui a attribués à l’époque mais indique que des analogies existeraient entre les faux et l’écriture de... Bonny. Rappelons que Alain Buquet, l’un des cinq experts en écritures agréés auprès de la Cour de cassation - et considéré, dans le milieu judiciaire, comme le meilleur – avait fourni à la Commission de révision, début 1996, une étude très complète sur l’Affaire Seznec et avait conclu, à 100 %, que Seznec était totalement étranger aux faux qu’on lui avait attribués. Gherdy riche collabo
Catherine Clausse, toujours, a retrouvé le manoir que Gherdy - personnage-clé dans l’Affaire Seznec – a possédé jusqu’après la guerre. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est très étonnant qu’un ancien ferrailleur ait pu acquérir un tel palais. Ainsi le personnage, que la résistante Colette Noll a reconnu comme étant l’agent double de la Gestapo qui a donné tout son réseau semblait être aisé. Est-ce que cet lément va intéresser la justice ou bien va-t-elle encore, comme pour les dossiers de Bonny - principal agent de la ” Gestapo française ” pendant la guerre - fermer les yeux et garder le silence ? Soutien de Bretagne
Le 16 mars 2000, M. Josselin de Rohan, président du Conseil régional de Bretagne - et aussi président du groupe RPR au Sénat - a écrit à Denis Seznec : « Je connais la détermination dont vous faites preuve dans ce combat. Elle force le respect et vous honore. La qualité des soutiens qui vous accompagnent témoigne que votre conviction est aujourd’hui largement partagée. En ce qui me concerne, je ne manquerai pas de relayer ce vaste mouvement auprès de Madame Elisabeth Guigou, Ministre de la Justice, en formant le vœu qu’elle y prête une attention favorable. » A ce jour le président Josselin de Rohan n’a obtenu aucune réponse de la part de la ministre de la justice. Le chemin inverse
Le nouveau président du Tribunal de grande instance de Morlaix, Guy Jean, vient de Cayenne (Guyane). Ancien avocat, il a rejoint la magistrature. En débarquant dans la ville, rapporte Le Télégramme du 4 mai 2000, le magistrat a déclaré, qu’en fin de compte, il avait fait le chemin inverse de Guillaume Seznec. L'Affaire Seznec vue à l’étranger
« Fondée sur une injustice, L’Affaire Seznec est une histoire forte. En investissant 35 millions de francs, j’ai pris des risques importants, la plupart des financements de l’époque tournant plutôt autour de 5 millions » souligne dans le magazine Broadcast, Jean-Pierre Guérin, le producteur du téléfilm. L’Affaire Seznec a réalisé de formidables scores d’audience lors de sa diffusion en France, sur TF1 et Arte ainsi que sur les chaînes câble et satellite, Histoire, Ciné-cinémas et Festival. Sur la chaîne internationale TV5 également. Mais la revue nous apprend que son succès dépasse largement les frontières de I’Hexagone puisqu’il a été également vendu en Belgique, en Italie, au Canada, en Slovénie, en Lettonie, en Slovaquie, en Norvège, en Russie, au Maroc et au Liban. Le Parlement renaît de ses cendres. Pas le dossier
Le Parlement de Bretagne vient de redevenir, sous un coup de ciseaux enrubanné, la Cour d’Appel de Rennes. Les gens de robe vont retrouver leurs ors et les petites gens ayant offert leur obole au lendemain de l’incendie garderont un aimable souvenir des larmes d’émotion confite du très respectable président de tribunal retrouvant les salons et bureaux fermés au public mais payés par lui. « Que ’est beau, que c’est ébouriffant ! » Pendant quatre ans, modestes et nantis auront donné de leur temps et de leur argent - avec une indéniable majorité de dons chez les modestes, comme d’habitude - pour rebâtir ce qui était redevenu en une nuit le symbole d’une Bretagne souveraine... Tendre naïveté pour célébrer le passé. Mais personne n’oubliera que l’incendie du Parlement de Bretagne aura servi de prétexte à la justice, en 1997, pour justifier la disparition de procès-verbaux favorables à Seznec. Le « dossier Seznec » y avait été détruit lui aussi, disait alors le procureur général de la République près la Cour de cassation. Jusqu’à ce que l’on se rende compte, à leur grande honte, que ce dossier - haut de plusieurs mètres –était à la Chambre criminelle, à Paris, depuis 1976 ! Où sont donc passés les fameux procès-verbaux ? II n’y a toujours pas de réponse.
Patrick Dils
Patrick Dils a été condamné à l’âge de 16 ans à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de deux enfants en Moselle en 1986. Depuis dix ans, il clame son innocence et tente d’obtenir la révision de son procès. Or, un fait nouveau vient appuyer cette demande : Francis Heaulme, tueur en série condamné déjà deux fois à perpétuité, se trouvait sur les lieux du crime le même jour... Et il avait précisé au cours d’autres interrogatoires se souvenir de gamins lui ayant jeté des pierres. Que de coïncidences ! La demande en révision de Patrick Dils repose donc sur un élément fort qui met en doute la culpabilité. Sera-t-il suffisant pour que la Chambre criminelle ordonne le rejugement ? On peut en douter. L’avocat général près la cour de cassation a demandé le rejet de la requête en révision, estimant que toutes les pistes avaient été vérifiées. Devant l’inertie de la justice, Me Florand, l’avocat de Dils, a organisé une reconstitution des faits sur place. Reconstitution parfaitement illégale mais destinée à alerter l’opinion publique. Rappelons que près de 1500 demandes de révision de condamnations pénales ont été déposées depuis le vote de la loi Seznec, en 1989. Les deux tiers ont été jugées irrecevables avant même d’être examinées. La quasi-totalité des autres, ont été déboutées. En 10 ans, il y aura seulement 24 avis favorables (22 en correctionnel et 2 en assises) : une seule affaire criminelle aura été rejugée. Celle de Rida Daalouche.
Encore une avenue Guillaume Seznec
Après Sixt-sur-Aff et Assérac, Guillaume Seznec vient de donner son nom à une avenue à Saint-Martin-du-Vieux-Bellême dans l’Orne. Le 17 juin 2000, par une magnifique journée ensoleillée, le maire, Roger Bellanger, entouré de son conseil municipal et des autorités locales a inauguré l’avenue au cours d’une cérémonie. De nombreux habitants des environs, dont plusieurs maires de la région sont venus, par leur présence, marquer leur soutien à DS, présent. Le Guillaume Seznec à Brest 2000
La troisième édition de la Fête de la mer et des bateaux s’est déroulée à Brest du 13 au 21 juillet. Le GUILLAUME SEZNEC était présent parmi la flotte des innombrables bateaux : grands voiliers prestigieux, comme le Belem ou le Sedov, ou bateaux anciens et modernes, La compagnie Finist’mer avait réservé un espace à France-Justice sur son stand - l’un des mieux placés. Ainsi ce sont des milliers de personnes qui sont venues apporter ou exprimer leur soutien à la cause de Seznec. De nombreux Brestois se sont étonnés que leur ville n’ait pas le projet de baptiser l’une de ses rues au nom de Seznec. Depuis le mois de septembre, la compagnie Finist’mer propose, certains dimanches, de découvrir l’estuaire de la Loire à bord du Guillaume Seznec. Départ à Nantes à 10 h, retour à 18 h. Renseignements : 02 40 69 40 40.
Images retrouvées
La Cinémathèque de Bretagne vient de retrouver un film de deux minutes d’excellente qualité où l’on voit Guillaume Seznec à son retour du bagne, en 1947, dans la propriété du juge Hervé, à Guingamp. Cette découverte est d’autant plus intéressante que les images de Seznec sont rares. Les archives comptent seulement un film de 15 secondes au bagne et un autre de 20 secondes, dans les Actualités Pathé, pendant le procès en 1923. Claude Arnal de la Cinéma-thèque a remis officiellement une copie à DS lors d’une cérémonie le 22 juillet 2000 à l’île d’Ouessant. Sondage (suite)
Un sondage commandé par France 3 Ouest et Le Télégramme visant à élire les Bretons qui ont marqué le XXe siècle, a désigné le navigateur Eric Tabarly (soutien fervent de la cause), devant Bernard Hinault. La troisième personnalité la plus souvent citée est Guillaume Seznec. Preuve supplémentaire s’il en fallait une de sa réhabilitation dans l’opinion publique. La stèle : coulée
Notre ami Bertrand Piéchaud, sculpteur (et membre de FJ), a terminé la stèle de Guillaume Seznec. Le bronze été coulé au début du mois d’octobre. Le 1er novembre, Denis Seznec en prendra livraison à Bordeaux ainsi que la copie qui en a été faite. Nous reviendrons dès notre prochaine circulaire, sur cette création (nous la reproduirons). En 2001 ou 2002, cette stèle devrait être installée dans l’île Royale, en Guyane. Bon vent à TV Breizh !
Le 1er septembre 2000, une nouvelle chaîne thématique, TV Breizh, a été lancée sur tout le réseau satellite de France. Basée à Lorient, bilingue, TV Breizh n’aura pas vocation à se replier uniquement sur l’identité bretonne mais englobera l’entièreté du monde celtique. Par nature largement ouverte sur les mers et les océans. Initiateur de ce projet ambitieux, Patrick Le Lay s’y est investi personnellement. Soutenu par un pool financier exceptionnel (TFI, Berlusconi, Murdoch, Darmon, Pinault) il a bénéficié aussi du soutien de tous ceux pour qui la Bretagne signifie quelque chose. Lors du lancement devant le Tout-Paris, il a été donné deux exemples culturels correspondants à l’esprit de la nouvelle chaîne : les films Braveheart et L’Affaire Seznec. Notre ami Erwan L’Eléouet y occupe, depuis, un poste de rédacteur en chef. Le samedi 30 septembre 2000, à 20 h 30, Denis Seznec était le premier invité de « Bretons du tour du monde »… Daalouche condamné pour délit d’innocence
Rida Daalouche a été condamné pour meurtre en avril 1994 à 14 ans de prison et innocenté après cinq années de détention, II était hospitalisé le jour du meurtre et avait donc un alibi en béton. C’est la seule et unique affaire criminelle qui aura été révisée depuis la loi Seznec. Pour obtenir réparation Daalouche a saisi la Commission nationale d’indemnisation comme la loi le prévoit. Fait incroyable : il ne percevra pas un seul centime ! Motif : l’accusé ne se souvenait plus qu’il était hospitalisé et sa famille a fourni trop tard le document attestant de sa présence à l’hôpital. Donc, les juges, tout en reconnaissant l’erreur, désignaient le véritable coupable : Daalouche lui-même ! En prenant une telle décision, faisant preuve d’un tel manque de bon sens ou d’humanisme, les magistrats montrent surtout, que même innocenté, un ex-condamné demeure toujours un coupable à leurs yeux. Epoux Esnault : ruinés par une erreur de justice
Dans notre circulaire n° 14 nous avions évoqué le cas de ce couple de restaurateurs ruiné par une décision de justice erronée, rendue en 1986. Rappelons les faits : Jacques et Nelly Esnault reprennent la gérance d’un hôtel-restaurant à Fougères en 1978. L’affaire est prospère même si quelques travaux s’avèrent nécessaires pour redonner du cachet à l’établissement. Le couple investit ses économies et travaille sans relâche. Le restaurant fonctionne très bien mais l’hôtel a besoin de sérieux travaux de rénovation. Devant le refus du propriétaire de prendre en charge ceux-ci, Jacques et Nelly se tournent vers la justice pour régler le problème. En 1983, le tribunal de Fougères donne raison au propriétaire en décrétant que le bâtiment était « partiellement détruit ». La cour d’appel de Rennes va aggraver la décision en écrivant « bâtiment en ruine ». Le propriétaire est donc libéré de toute obligation de travaux. En 1997, un ouragan arrache une partie du toit. Le propriétaire refuse toujours de réparer et multiplie le loyer par quatre afin de déloger les époux Esnault.
C’est ici que l’affaire devient extraordinaire : le juge qui a instruit I’affaire en 1986, reconnaît, dans une lettre adressée aux Esnault, s’être trompé. II dit regretter que son « arrêt fut plus ou moins loupé » et n’avoir pas pris connaissance du rapport de l’expert et des photos avant de rendre son verdict ! Jacques et Nelly Esnault, ruinés entre temps, avaient dû déposer le bilan. A plus de cinquante ans, ils doivent quémander le RMI pour survivre. La justice fait la sourde. Mais, suite à la publication de la lettre de regret du juge par la presse, le ministère brusquement se réveille et promet alors un arrangement à l’amiable avec une indemnisation. Puis, en 1996, un courrier de Jacques Toubon anéantit tout espoir de réparation : la Chancellerie au nom de l’autorité de la chose jugée, refuse d’indemniser. Un jugement, même reconnu erroné ou faussé, a plus de valeur que les aveux du juge.
Aujourd’hui, les Esnault ont assigné I’Etat pour « faute lourde du service public de la justice ». Dans un récent article, le journaliste Jean-François Dupaquier résume bien l’absurdité de la situation : « La Chancellerie s’abrite derrière l’autorité de la chose jugée. En quelque sorte, la justice est infaillible, même lorsque l’erreur juridique crève les yeux, comme pour l’Affaire Seznec, et bien d’autres » Le lundi 23 octobre, les Esnault vont donc entendre un nouveau jugement au Palais de justice de Rennes. La justice va-t-elle condamner la justice ? Ce serait un fait nouveau d’autant plus retentissant qu’il indiquerait que le bon sens aurait, lui aussi, sa place dans un prétoire.
L’aveu d’Elisabeth Guigou
Dans un livre d’entretien accordé à deux journalistes de I’AFP, « Une femme au cœur de I’Etat » (Editions Fayard), la ministre confie une anecdote qui résume assez bien l’état de la justice et de nos prisons : « Tout récemment le nouveau président de la chambre d’accusation de la cour d’appel de Pans s’est rendu à la prison de la Santé comme il est de son devoir mais une telle visite n avait pas eu lier/ depuis des années. Il a découvert un comptable, soupçonné d’avoir falsifié des comptes, qui était là depuis deux ans ! Deux ans qu’on l’avait oublié là sans qu’aucun acte d’instruction ait eu lieu. Le magistrat a saisi la chambre d’accusation de la cour d’appel de Paris, qui a fait immédiatement remettre en liberté le détenu. C’est la preuve que les juges d’instruction et les magistrats des chambres d’accusation aillent régulièrement visiter les prisons ». Sans commentaires. Louis Bru est bien logé...
Dans la circulaire n° 14 nous avions reproduit la lettre que DS avait adressée à M. Jacques Isabel, député-maire de Pantin, pour signaler le cas de Louis Bru. Ce dernier, handicapé du travail et invalide civil, subissait depuis 1991 des agressions physiques et morales de la part de « jeunes » de la cité qu’il habitait. Sous prétexte qu’il était un « Français de souche isolé dans un ghetto » (termes qui lui ont été tenus) une lâcheté collective avait fini par laisser cet homme totalement livré à ces nouveaux Vandales - que la langue de bois du politiquement correct oblige à appeler « sauvageons ». Le soutien de FJ a été déterminant : Louis Bru vient d’être relogé dans une HLM éloignée de cet environnement dangereux. Le Conseil d’administration s’est réuni
Le Conseil d’Administration de FJ s’est réuni le 16 avril 2000. Présents : Stéphane Cohan, Thierry Cohen, Martine Gysen, Guénahel Jegou, Erwan L’Eléouet, Bernard Rouffignat, Denis Seznec. Excusés : Marcel Jullian et Christine Helle (souffrante). Au cours de la réunion, et après un large tour d’horizon, le bilan des deux AG ordinaire et extraordinaire a été dressé. II a été décidé que FJ sera présente à Brest 2000 ; que FJ ne peut participer financièrement au Comité international pour l’abolition de la peine de mort aux Etats-Unis : tout en approuvant notre présence au sein de ce Comité, les membres à la majorité, considèrent que FJ ne doit pas, pour l’instant, se disperser. II est décidé de procéder à la radiation après lettre de relance, de 140 membres qui ont accumulé un trop grand retard dans le paiement de leurs cotisations et dont on a aucune nouvelle. Prochaine réunion : 29 octobre 2000. San Antonio, lui aussi a soutenu la cause !
Frédéric Dard est mort le 7 juin dernier. Le lendemain, Le Figaro, en l’annonçant, mettait une grande photo de l’écrivain, trônant dans un fauteuil installé dans son parc en Suisse. Et le livre qu’il tenait à la main c’était... Nous, les Seznec! Ce clin d’oeil nous a d’autant plus touchés que nous avions découvert son soutien à la cause de Seznec tout à fait par hasard. En effet, dans La Matrone des sleepinges, -l’un de ses plus gros succès paru en 1993 aux éditions du Fleuve noir -, Frédéric Dard faisait dire à San Antonio, installé dans l’Orient-Express : « De retour dans ma cabine (c’est décidément le mot que je choisi pour qualifier ce local en mouvement) j’attrape un gros bouquin sur l’affaire Seznec, écrit par son pefit fils, et le lis, à poil sur mon lit car il fait très chaud dans ce compartiment. L’affaire Seznec m’a toujours passionné et je porte en moi cette infamie qui a amené des jurés à condamner un homme pour meurtre sans qu’on ait jamais retrouvé de cadavre ni recueilli d’aveux. J’étais tout môme que, dejà, ce grand type à la gueule saccagée déambulait dans cette partie collective de ma conscience où s’accumulent les remords relatifs à des actes qu’on n‘a pas commis mais auxquels on participe bon gré mal gré en qualité de citoyen. Je tourne les pages, m’enfonce dans l’histoire tandis que l’Orient-Express suit son bonhomme de chemin. » Le 30 août 1999, sur France Inter, Didier Van Cauwelaert, prix Goncourt, déclarait : « Le plus bel hommage que peut espérer un écrivain, ce n'est ni l’Académie française ni un prix littéraire quelconque qui peut le lui donner, le plus grand honneur c'est d'être cité dans un San Antonio ! » Merci à Frédéric Dard et à San-Antonio !
Petites infos
Parmi les adhésions. Jean-Claude Gandrille, pt de Justice et Liberté, Hubert Martinez, commissaire divisionnaire à la direction centrale police judiciaire, Bernard Caumont, membre du Conseil économique et social, Mme Jeanne Teitgen, épouse du ministre, Jacques Floch, député pt de la Commission budget justice à I’AN, rapporteur sur les prisons, Me Dominique Moras, avocat, Me Nicolas de Prittwitz, avocat, Lucien Abenon, professeur d’université à Fort-de-France (Martinique), etc.
Dossiers. Ernest Godot a réalisé un dossier sur le « complot politico-policier de l’Affaire Quémeneur-Seznec ». Gérard Jeandron a reproduit l’entièreté de tous les articles d’Ouest-Eclair et de La Dépêche.
Tri Yann. Pour connaître les dates de leurs tournées : 02 40 58 38 07.
Films. L’Association Jules-Verne Aventure a réalisé un documentaire sur le bagne. Seznec y a une place de choix. Par ailleurs, l’écrivain José Giovanni va sortir un film, Mon père, qui retrace sa vie. Seznec y est évoquée.
Elus. Céline Jamet, Valéry Damy et Jacqueline Marbot, membres actifs de FJ, continuent à contacter différents conseils généraux ou élus. Quant à Dominique Helgouarch’, elle, agit au niveau du Sénat.
Décès. Nous avons eu la grande tristesse d’apprendre de décès de Claude Sylvane, le 12 juin. Journaliste et écrivain, elle a milité toute sa vie pour la cause de Seznec. Elle l’avait bien connu lors de son retour du bagne pour lequel elle organisa une véritable croisade à travers toute la France. Seznec a toujours trouvé auprès d’elle beaucoup de réconfort et un soutien sans faille. Auteur du livre Notre bagne- qui relatait la vie de Jeanne Seznec - celui-ci était devenu un grand succès de librairie. Claude Sylvane était entourée de très nombreux amis car son dynamisme, malgré son grand âge, la faisait s’intéresser à tout ce qui bougeait. La cause de Seznec a perdu son plus fervent et fidèle soutien. A Claude et à Maryvonne , ses filles, nous adressons nos plus tendres pensées.
Nous ont quittés également : M. Frédéric Dard, écrivain, le 7 juin ; M. Jules Roy, écrivain et académicien, le 15 juin ; Mme Renée Sgarban ; et M. Roger Carour. Nous avons appris avec retard le décès de M. Bouchot le 14 février, nous adressons nos condoléances à Françoise, son épouse, ainsi qu’à toutes les familles des disparus.
Médias nationaux
LCl - 8 février. Le projet de loi sur la possibilité d’appel en assises est illustré par les images sur l’Affaire Seznec
TF1 - 8 février. Le 20 h diffuse un reportage sur les îles du Salut. On cite les affaires Dreyfus et Seznec.
Détective - 9 février. « UNE VICTOIRE POUR SEZNEC » est le titre du papier rappelant que la cause est pour beaucoup dans la réforme instituant une cour d’appel en assises.
RTL - 10 février. Débat en direct de Denis Seznec sur la présomption d’innocence.
La Cinquième - 26 février. Reportage sur le bagne. Gérard Klein dans Va savoir a évoqué l’innocence de Seznec.
France-Inter - 28 mars. Jean-Marc Moreau, dirigeant d’agences de détectives, cite l’action de France-Justice.
France-Soir - 31 mars. Tri Yann à l’Olympia : vibrant plaidoyer pour la cause et 5 chansons interprétées sur Seznec.
France 2 - 4 avril. Emission sur les jurés. Me Pelletier, président des avocats pénalistes, a cité l’Affaire Seznec en exemple.
Un président de jury : « Je ne voudrais pas passer à côté de ma conscience, style affaire Dreyfus ou affaire Seznec. »
Radio Orléans - 7 avril. Débat sur l’Affaire Seznec.
Radio Alternantes - 11 avril. Débat sur l’Affaire Seznec.
France 3 - 4 mai 2000. Emission Questions pour un champion. Les grandes erreurs judiciaires : Dreyfus et Seznec.
Chaîne Ciné-cinémas - 3 juin. Rediffusion en boucle du film l’Affaire Seznec.
Figaro - 8 juin. Mort de Frédéric Dard : une grande photo montre l’écrivain tenant le livre Nous, les Seznec
Ouest-France - 19 juillet. « Denis Seznec en conférence à Plomodiern »
Télégramme - 20 juillet. Une demie-page annonçant la conférence de Plomodiern. Plus un article : « La Cinémathèque déniche des images inédites de Guillaume Seznec ».
Ouest-France - 21 juillet. « Zoom sur une tranche de vie de Seznec ». « Des images inédites de Seznec »
Télégramme - 21 juillet. Article sur le film retrouvé sur Seznec.
France 3 Bretagne - 21 juillet. Reportage au 20 h sur le combat de Denis Seznec.
AFP - 21 juillet. Dépêche nationale sur la conférence de Plomodiern et de l’appel lancé à Elisabeth Guigou.
France-Inter - 21 juillet. Echo de la conférence de Plomodiern et de l’appel lancé à Mme Guigou.
RTL - 21 juillet. Echo de la conférence de Plomodiern et de l’appel lancé à Mme Guigou.
France 3 - 22 juillet. Reportage national au journal de 13 h sur l’appel lancé à Mme Guigou.
Europe 1 - 22 juillet. Longue interview en direct de DS à Europe-midi.
Parisien libéré - 23 juillet. « LE PETIT-FILS DE SEZNEC EN APPELLE A GUIGOU ».
Télégramme - 23 juillet. Echo de l’appel lancé à Elisabeth Guigou. « 600 PERSONNES A PLOMODIERN ».
Ouest-France - 23 juillet. Appel à Elisabeth Guigou.
Europe 1 - 23 juillet. Reprise intervention de Denis Seznec sur les antennes.
Télégramme - 24 juillet. « DENIS SEZNEC LANCE UN APPEL A ELISABETH GUIGOU » « 400 personnes pour un ultime recours »
France-Inter - 24 juillet. Echo de l’appel lancé à Elisabeth Guigou.
Europe 1 - 24 juillet. Echo de l’appel lancé à Elisabeth Guigou.
RTL - 24 juillet. Echo de l’appel lancé à Elisabeth Guigou.
Le Monde, Libération, Le Figaro, toute la presse nationale et régionale - 24 juillet. L’appel lancé à Elisabeth Guigou.
Europe 1 - 15 septembre 2000. DS invité de l’émission de Benjamin Castaldi, a évoqué son enfance, l’Affaire et FJ
TV Breizh - 30 septembre 2000. DS invité de Bretons du tour du Monde évoque ses voyages et le bagne.
Les articles parus dans la presse régionale ou locale, trop nombreux, ne figurent pas dans cette liste non exhaustive.
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