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Circulaire n°11 - 1er octobre 1998

Les documents de la Secrète

Vous vous souvenez (Circulaire N°10) que Denis Seznec attendait l'autorisation d'accès aux archives concernant la Sûreté (la "Secrète"). Archives secrètes saisies par les nazis, puis par les Soviétiques. Ceux-ci les ont enfin rendues à la France qui les réclamait depuis cinquante ans. Au mois de juin, après intervention d'un ministre, DS a obtenu la levée du secret. Il a été autorisé à se rendre à Fontainebleau où est entreposée une partie des 2,5 km d'archives en question. Une fuite s'étant produite, un quotidien a annoncé cette recherche. Lors de son entrevue avec le directeur des archives nationales celui-ci lui a montré un dossier marqué " SEZNEC ", seule trace officielle, selon lui, de l'Affaire dans les archives du contre-espionnage français. Curieusement, le dossier présenté ne comporte aucune note ou synthèse d'un quelconque service comme le veut l'usage. À l'intérieur, seulement cinq malheureux rapports de police. Mais tout cela est déjà très important : le seul fait qu'un dossier secret sur l'Affaire Seznec ait existé - côtoyant les dossiers les plus sensibles de la République - prouve qu'elle était classée comme une affaire d'Etat.

Deux membres de FJ - Catherine Clausse et Thierry Cohen, généalogistes professionnels - vont prêter leur concours et procéder à des recherches dans la partie des archives entreposées à Paris. Espérons que les papiers vont " parler ".

Témoin assassine

Dans la Circulaire N°9 nous avions révélé que l'un des témoins de l'Affaire (Jean Priol) aurait été assassiné. Depuis, nous avons pris contact avec sa famille et celle-ci, par la voix de son neveu, Jean-Claude Angebaud, nous a confirmé les faits. Il s'étonne que ce meurtre ait été passé sous silence à l'époque, les autorités ayant tenté de faire croire à un accident. Rappelons que Priol avait été retrouvé noyé dans l'Odet, rivière qui traverse Quimper. Il s'avère qu'il connaissait bien Quemeneur et Seznec, ce qui expliquerait sa citation en tant que témoin dans l'Affaire. Mais le plus étrange, c'est ceci : à la question " Quelle fonction exerçait-il ? ", son neveu nous a répondu (et confirmé par écrit) : " Il était chef de bureau du service des cartes grises à la Préfecture de Quimper, dont dépendaient les véhicules provenant des Stocks américains ". Quelle coïncidence, n'est-ce pas ? Notre ami Roger Faligot (membre de FJ), journaliste et auteur réputé d'ouvrages traitant des affaires d'Etat, va mener sa propre enquête.

Réforme de la justice

Le 16 septembre dernier, Elisabeth Guigou, Garde des sceaux, a présenté son projet de réforme de la justice. Une réforme qui, bien que timide, suscite l'inquiétude, voire l'hostilité des magistrats. Elle va avoir beaucoup de difficultés pour se transformer en loi : ces dernières années huit ministres de la justice, ont présenté huit projets de réforme !

La présomption d'innocence semble, enfin, devoir être mieux établie. Malheureusement cela relève beaucoup de l'apparence. Exemple : on n'interdirait toujours pas à la police de se conduire avec un simple prévenu comme avec un vrai coupable, simplement la presse n'aurait plus le droit de le photographier ou de le filmer menotté. Ce n'est pas le fait qu'un prévenu puisse être traité de cette façon qui choque, c'est que l'on puisse le voir ! Peut-être est-ce le souvenir de Guy Forté ce guide de haute montagne menotté et traîné comme un assassin, qui a hanté et inspiré l'esprit de l'auteur de l'article ? Que fait-on du respect de la présomption d'innocence ? En Grande-Bretagne, on ne met en prison que les coupables, c'est-à-dire les condamnés (l'Habeas corpus). En France, c'est l'inverse, on met abord en prison. La loi pourtant prévoit que la liberté doit être la règle et la détention provisoire l'exception. En réalité, seules un tiers des mises en examen sont suivies d'un maintien en liberté. C'est sur des principes forts que la réforme aurait dû se fonder. Le Parlement aura-t-il le courage de combattre l'abus de détentions provisoires et ne pas se contenter des simples aménagements proposés ?

A quand une véritable responsabilisation des magistrats ? Pourquoi lorsqu'il y a erreur grave ou incompétence, les magistrats ne répondraient-ils pas de leurs fautes professionnelles ? Le pouvoir d'un juge d'instruction est pourtant considérable : par son action il peut déshonorer, ruiner, humilier ou priver de liberté n'importe quel citoyen. Il est seul et peut se tromper 1'erreur est humaine. Encore il faudrait-il commencer par admettre. Pour réparer mais, surtout, pour s'obliger à modifier les choses ou son comportement afin d'éviter le renouvellement des mêmes erreurs. Ou alors, il faut le dire officiellement : notre République tolère que nous ayons une sorte de caste, au-dessus des lois, composée de jugées infaillibles, qui, en plus, n'ont de comptes à rendre à personne.
n est tenté de le croire : en 1996, pendant que 307 avocats se voyaient sanctionnés (jusqu'à la radiation), seuls 7 magistrats faisaient l'objet d'une observation ! C'est vrai que le Conseil supérieur de la magistrature n'est composé que de magistrats. C'est plus simple. Ils se jugent entre eux.

Certes, Elisabeth Guigou a déclaré-(AFP,12 septembre 98) " Quand on a un pouvoir, il faut rendre des comptes : des juges responsables doivent expliquer leurs décisions, et les cito.yens doivent avoir une possibilité dé recours contre un classement sans suite s'ils ne sont pas d'accord ". Mais, face au corporatisme du corps le plus puissant que va peser ce genre de déclaration ? Georges Fenech, président de l'Association professionnelle des Magistrats, lorsqu'il déclare au Monde (18 septembre 98) , " La création d'un juge de la détention provisoire constituerait un frein à l'efficacité des juges d'instruction dont le péché originel est d'avoir révélé les hautes turpitudes d'une partie de la classe dirigeante " exprimé parfaitement cette opposition.

Pourquoi la création d'une cour d'appel en assises n'est-elle plus évoquée ? (Lire à ce propos Le Figaro du 4 septembre).
Devant tant de frilosité, nous pouvons sérieusement nous demander si la classe politique (de droite ou de gauche) est réellement animée par une réelle volonté de réformer notre justice en profondeur. Engluée dans les nombreux scandales financiers (actuels et à venir...) ne craindrait-elle pas de devoir affronter la magistrature ? La plupart des juges sont, on le sait, complètement braqués contre toute velléité de réforme, persuadés que l'on veut remettre en cause leur autorité et leur indépendance. Un fossé s'est creusé. Car ils n'ont pas tout à fait tort : les "politiques" sont souvent animes d'une volonté de changement que lorsqu'ils sont eux-mêmes mis en cause. Effectivement aura fallu des emprisonnements abusifs d'hommes politiques pour que le respect de la présomption d'innocence devienne, enfin, l'objet de leur préoccupation. Le député André Santini illustre à sa façon le malaise existant, en déclarant : " La situation ressemble à un ball-trapp. Ce n'est pas toujours le même fusil qui tire, mais c'est toujours le même pigeon qui se fait descendre ".
Alors, réformette ou pas, tant que le bras de fer continuera entre la classe politique et la magistrature, nous devrions subir - nous, les simples citoyens - l'absurdité d'une justice grandement discréditée. A nous de faire en sorte que cela change !

Dysfonctionnements

Dans le courrier, de nombreuses informations nous parviennent et font état d'aberrations judiciaires. À elles seules, elles justifient amplement notre action. Voici, parmi beaucoup d'autres, cinq exemples de dysfonctionnements :

- Hamada Anli, 38 ans, vient de vivre un calvaire judiciaire. Le 26 août, cet homme est interpellé sur son lieu de travail par les policiers de Vaulx-en-Velin qui lui signifient le mandat d'arrêt délivré à son encontre par un juge d'instruction de La Réunion pour violences sexuelles sur une mineure de 13 ans. Il est transféré vers Saint-Denis-de-La Réunion où il est écroué dans l'attente de son procès. Le prévenu crie si fort son innocence qu'un substitut du parquet lui conseille de demander sa mise en liberté. Lors de l'examen de cette demande, son avocat fait alors remarquer que la photo versée au dossier n'est en rien celle de son client. Et la jeune fille agressée, présente à l'audience, confirme n'avoir "jamais vu cette personne". L'innocent est immédiatement remis en liberté. Mais ce n'est pas fini pour autant : la justice n'entend pas payer le billet du retour vers la métropole ! Craignant la réaction de l'opinion publique, alertée par la presse, les frais seront finalement pris en charge. Par la préfecture. Le tribunal a, depuis, présenté ses " regrets pour les inconvénients subis " ...

- Le 19 août dernier, un violeur présumé a recouvré la liberté à cause d'une bavure commise par le parquet de Bastia. Une fois l'instruction terminée, le parquet général a deux mois pour transmettre le dossier à la chambre d'accusation. Le délai n'ayant pas été respecté, celle-ci a décidé la "mise en liberté d'office" du prévenu. Maître Philippe Gatti, l'avocat des deux jeunes filles agressées, vient d'adresser une lettre de protestation au Garde des sceaux : " Les jeunes victimes et leurs familles sont dans l'attente de vos explications ", a-t-il déclaré.

- En février 1994, Alain est assassiné, devant plusieurs clients d'un bar de Strasbourg, par un trafiquant de drogue. Celui-ci, alors qu'il narguait Alain, n'avait pas supporté le reproche : " Tu routes en Jaguar, mais tu n'es qu'un vendeur de mort ! ".. Lorsque l'un des témoins ose donner aux policiers l'identité du dealer, Carlos Da Silva, il est trop tard. Le meurtrier est déjà reparti pour son pays natal, le Portugal. Sans adresse, le juge ne peut délivrer de mandat d'arrêt. L'enquête est au point mort et rien ne bouge. Après plusieurs mois, devant tant d'inertie, Frieda Burlet, la mère d'Alain, décide de faire justice elle-même. Après une petite enquête, elle réussit à retrouver l'adresse du meurtrier et la communique à la justice. Mais il ne se passe strictement rien. Ce sont finalement les autorités locales qui interrogent le suspect. Mais Da Silva nie tout en bloc et se construit un alibi. Frieda, 61 ans, se rend donc au Portugal, engage un détective, et démonte le faux alibi. Elle fait part de ses preuves au procureur portugais de Braga qui, lui, la reçoit. Il fait arrêter le meurtrier puis demande au juge français de lui fournir des témoignages. Rien ne bouge. De retour en France, Frieda va retrouver, seule, un témoin qui n'a pas été entendu par le juge. Elle va le convaincre de l'accompagner au Portugal. Enfin, en septembre 1997, le tribunal de Braga condamnera Carlos Da Silva à 16 ans de prison. Écœurée par l'attitude de la justice française Frieda a décidé d'assigner l'Etat pour dysfonctionnement. A cause de l'incompétence d'un juge d'instruction, à la douleur de perdre son fils s'est ajoutée une autre douleur, celle de l'injustice.

- Un juge d'instruction d'Agen place en garde-à-vue à tort un avocat. Scandalisé, il porte plainte et gagne son procès. Il obtient 100 000 F d'indemnisation pour les quelques heures passées en garde-à-vue. Dans cette même région d'Agen, un obsédé sexuel enlève, viole et assassine une fillette de 8 ans. Il est arrêté et écroué. La famille de l'enfant martyr a obtenu une indemnisation. Elle s'élève à... 140 F ! L'égalité du citoyen devant la justice est gravée dans la pierre au fronton de tous les palais de justice. Et dans l'esprit de certains magistrats, c'est pour quand ?

- Le 28 avril dernier, le tribunal de Brest a condamné les Editions Albin Michel à retirer le livre d'Antoine Gaudino " La Mafia des tribunaux de commerce " sous peine d'astreinte immédiate de 100 000 francs par exemplaire vendu. Une somme inouïe étant donné les milliers d'exemplaires diffusés ! Cela démontre clairement l'inégalité des peines que notre justice sait distribuer lorsque l'on dérange. Mais on n'écrase pas un livre comme une vulgaire mouche. Le Livre, en incarnant à la fois la mémoire et la raison, demeure le refuge le plus durable de la liberté d'expression et de pensée. Est-ce pour cette noble raison que la cour d'appel de Rennes a levé, depuis, cette astreinte ? Espérons-le.

Lettre d'un député

De nombreux membres de FJ ont écrit à leurs députés ou sénateurs respectifs afin de les sensibiliser avant les débats parlementaires consacrés à la réforme de la justice. Parmi les réponses reçues, une seule était négative. Le député des Hauts-de-Seine a le mérite de la franchise en écrivant : " Par ailleurs M. Guillaume (au lieu de Denis, petite erreur) SEZNEC a tenu des propos extrêmement durs à l'encontre de la Cour de Cassation, ce qui ne peut engager dans les meilleurs termes une nouvelle procédure " . Toutefois, il ne précise pas si ces " propos extrêmement durs* " étaient justes ou non. Ah ! la prudence des politiques vis-à-vis de la justice... Certains craignent tant devoir l'affronter qu'ils préfèrent se réfugier derrière la fameuse " séparation des pouvoirs judiciaires et législatifs " . C'est pourtant bien le président de l'Assemblée nationale qui avait déclaré, en 1989, après le vote à l'unanimité de la Loi Seznec : " Pas d'interférence avec le pouvoir judiciaire mais en même temps pas d'indifférence à l'application de la loi, faute de quoi nous n'aurions fait qu'une partie de notre travail " .

*Allusion à la déclaration que DS avait faite à sa sortie de la Chambre Criminelle le 28 juin 96 et reprise par toute la presse (voir Circulaire N°6).

Omar Raddad

Le 5 septembre 1998 Omar Raddad a été gracié. Innocent ou coupable, dans les deux cas, c'est une injustice. S'il est coupable, sa libération est une injustice, une injure à la mémoire de sa victime, Mme Guislaine Marchal. Et, s'il est innocent : une terrible erreur judiciaire. Le doute résulte d'une enquête bâclée et de notre système judiciaire. Tant que la justice privilégiera l'intime conviction aux preuves scientifiques et ne reconnaîtra pas le droit de faire appel d'une décision de cour d'assises, des affaires criminelles viendront régulièrement interpeller notre conscience. Maître Vergès en demandant la révision du procès d'Omar Raddad remet en cause, comme l'Affaire Seznec, la "chose jugée". L'avocat et la presse ne s'y sont pas trompés : en l'annonçant ils ont cité abondamment l'Affaire Seznec comme exemple. Celle-ci est devenue, au fil du temps, LA référence*.

Omar Raddad a peu de chance, étant donné l'état d'esprit qui règne dans la haute magistrature, d'obtenir la révision de son procès. Cependant un espoir existe : que la contre-enquête menée par le détective Moreau aboutisse. Il semble être sur la piste du véritable coupable. Confondre celui-ci serait un coup a tué magistralement la certitude des tenants de cette justice souveraine qui ne reconnaît jamais ses erreurs.

* A propos de révision, de nombreux observateurs commettent souvent une erreur en citant l'Affaire Dreyfus comme étant le précédent historique. Certes l'affaire a été révisée et Dreyfus réhabilité mais c'est une cour militaire qui a été finalement désavouée. La justice civile ne s'est donc nullement sentie directement désavouée.

Kafka est-il Américain ?

Il n'y a pas qu'en France que la justice produit de temps en temps des absurdités. Tel est le cas de Michael Pardue, condamné puis innocenté par la justice américaine, mais maintenu en prison pour la vie parce qu'il a tenté trois fois de s'évader pendant les vingt années qu'il purgeait à tort. On a le sentiment, parcourant les étapes de cette vie brisée pour l'exemple, de lire un scénario effrayant. Pourtant, tout est vrai dans cette iniquité qui ne révolte personne ou presque dans l'opinion américaine. Pardue est innocent, mais Pardue, si rien n'est fait, mourra en prison. Un homme blanchi officiellement subit le châtiment des pires coupables.

Un vieux juge écrit

Hyppolyte Corbes, magistrat de 99 ans, vient d'écrire à DS pour témoigner des propos troublants que le procureur Guillot (qui avait requis la peine de mort contre Seznec) lui a tenus, juste après le procès. Le juge Corbes lui faisait remarquer que " ou bien Seznec était coupable et méritait la mort ou bien il y avait un léger doute et il était abominable d'envoyer au bagne à perpétuité un homme peut-être innocent." Le procureur Guillot me dit : "Mon ami, vous avez raison en théorie, mais en pratique... c'est moins simple. Ainsi je suis certain de la culpabilité de Seznec ; sans cela je n'aurais pas requis contre lui. Mais tout de même... " M. Guillot n'acheva pas sa phrase, mais leva les bras au ciel et j'eus l'impression que, pour le cas, si improbable fût-il où M. Guillot se serait trompé, n'étant pas infaillible, l'absence d'une condamnation irrémédiable était une bonne chose ". Ce témoignage nous apprend que même Guillot - pourtant surnommé "Guillotine" par ses pairs à l'époque tant il avait tendance à envoyer des condamnés à l'échafaud - doutait...

A toute vapeur a Traou Nez

Tout l'été, la dernière locomotive à vapeur de la SNCF (1922) a circulé sur la ligne Paimpol-Pontrieux. Cette belle machine, vue notamment dans les films Fort Saganne, Le Crime de l'Orient Express ou Camille Claudel, était pilotée par des cheminots à la retraite. Les voyageurs installés dans des voitures d'époque 1930 ont pu découvrir la vallée du Trieux, la lande de Lancerf, le château de la Roche Jagu et surtout le manoir de Traou Nez. Une halte dans la propriété (gérée par le Conservatoire national du littoral) leur permettait de déguster des crêpes et du cidre tout en écoutant les sonneurs de biniou présents sur place. Les guides en profitaient alors pour rappeler comment le manoir s'était retrouvé au centre de l'Affaire Seznec.

La presse écrite et audiovisuelle a largement relayé cette balade originale en qualifiant le manoir de Traou Nez de " Maison Seznec ", : reportages dans les journaux de TF1 et de France 2, pages dans Le Figaro, France-Soir, Le Parisien, Ouest-France et Le Télégramme. Dans son édition du 13 août 98, L'Express (deux pages), sous la signature de Nicolas de la Casinière, livrait son sentiment sur l'Affaire elle-même (lire un extrait de l'article ci-contre). Ce train a été l'une des plus grandes réussites touristiques de la saison estivale.

Des trajets supplémentaires ont même été ajoutés au programme. Au total, plus de 12 000 personnes ont emprunté la ligne. Cette initiative sera reconduite, en principe, pour les 8 prochaines années. Toute l'année, on peut parcourir ce même trajet, mais à bord d'une Micheline de la CFTA (02.96.205.206).

L'EXPRESS : " Le train poursuit son petit bonhomme de chemin de fer, dans les bois de pins et les landes de Plourivo, où les ajoncs disputent le terrain à la bruyère. En contrebas de la voie, le manoir de Traou Nez, propriété de Pierre Quemeneur, conseiller général et trafiquant de Cadillac, dont le meurtre, en 1923, fut imputé à Guillaume Seznec. Mobile présumé: le rachat à bon compte du manoir. Aujourd'hui encore, le doute demeure sur la culpabilité de Seznec, gracié par de Gaulle après vingt deux années de bagne et mort à Paris en 1954. après avoir été renversé par un mystérieux véhicule qui prit la fuite. L'histoire est passée : le manoir, désormais propriété du Conservatoire du littoral, accueille les voyageurs pour une roborative halte crépes-binious.
Sitôt quittée la maison Seznec apparaît le château de la Roche-Jagu, l'une des dernières places fortes érigées pour défendre la vallée des envahisseurs normands".

Petites infos

SEMAPHORE. Le sémaphore de l'île Royale (désignée officiellement "Maison Seznec") a été, enfin, restauré. Mais si le petit bâtiment est désormais à l'abri des pluies tropicales, au vu des photos envoyées, le résultat ne semble guère brillant : on croirait un garage à vélo flambant neuf ! Vivement que la patine du temps fasse son œuvre.

NOUVELLES FRONTIERES. La photo du sémaphore que vous connaissez (avant rénovation !) est publiée sur une double page (162-163) du catalogue printemps/été 98 du voyagiste Nouvelles Frontières. Le cadrage du cliché fait apparaître au premier plan la plaque " A Guillaume Seznec - martyr innocent

ADHESI0NS. Parmi celles-ci, signalons celle du cinéaste Yves Robert.

DOCUMENTS. Un membre actif de FJ a la gentillesse de mettre à notre disposition les documents suivants
- Répertoire des noms cités dans le cadre de l'Affaire Seznec (41 pages, 25 F l'unité - port compris)
- L'Affaire Seznec de Philippe Lamour (plaidoirie du 5 octobre 1932, 76 pages, 35 F l'unité - port compris)
Pour se les procurer, écrire (+ règlement) à : Gérard Jeandron - 4, impasse Charcot 29470 Plougastel-Daoulas.

LETTRES DE MARIE-JEANNE. Les reproductions des 65 lettres de Marie-Jeanne, censurées et jamais transmises à Guillaume Seznec, ont enfin été transmises à la famille

THEATRE. Le scénario de la pièce de théâtre de Pierre Stembert sur l'Affaire Seznec a convaincu le metteur en scène Jean Houbé. La création sera mise en chantier dès que la distribution aura été choisie - Tél. : 00.32.87.39.30.39

SECTION BELGE. Notre représentant à Bruxelles, Michel Leurquin, a eu la satisfaction de constater que de nombreux parlementaires, dirigeants politiques ou personnalités belges s'étaient manifestés suite à ses démarches pour soutenir notre action. Ils ont écrit à Mme la ministre de la justice ou au Président Jacques Chirac.

RECHERCHE. Pour compléter son travail d'investigation sur l'Affaire, Marcel Bavaud (cité dans " Nous, les Seznec " recherche un correspondant demeurant dans les Côtes-d'Armor pour l'aider. Ecrire : 14, rue Charles-Guinot 37000 Tours.

OUBLI. Le nom de Lionel Jospin, alors ministre de l'Education nationale au moment de l'Appel pour la révision, a été oublié dans la liste des 500 personnalités publiée à la fin du livre " Nous, les Seznec ".

DECES. Deux membres éminents de France-Justice nous ont quittés. Nous avons eu la très grande tristesse d'apprendre, le 13 juin dernier, la disparition d'Eric Tabarly. Il a soutenu la lutte de DS depuis le début. Fidèle parmi les fidèles, lors de la création de France-Justice, il avait aussitôt adhéré. Eric était un homme sincère, intègre et franc. Sa mort nous affecte terriblement. Que Jacqueline, son épouse, et sa fille, sachent que nous sommes de tout cœur avec elles. Le 13 août c'était Julien Green, le grand écrivain, qui nous quittait. Il y a eu Jean Charnbrin, le 2 juin, puis Gérard Hébert, le 5 juillet, qui nous ont quittés. Tous deux étaient, également, des amis de longue date de DS. Que Ariane, l'épouse de Jean, et Pierre, son fils, ainsi que Patricia, l'épouse de Gérard (Lucie et Alexandre, ses deux enfants et Claudine, sa soeur) soient assurés de toute notre affection. Il y a eu aussi Paul Bérard (Simone, -sa femme, est assurée de notre solidarité) et Lucienne Dubreuil, de Villeneuve-St-Georges. Le 5 avril de l'année dernière c'étaient Colette et Pierre Merly qui disparaissaient. Arielle, leur fille, nous l'a appris avec le retard que nous comprenons aisément. Le Bureau de France-Justice présente à tous leurs proches ses condoléances.

Médias

Chaîne Histoire. Seznec, la mémoire du bagne a été rediffusé plusieurs fois en mai et juin sur cette chaîne du câble.

Ciné-Cinéma. Les 11, 18 et 25 juillet a été rediffusé le film L'Affaire Seznec. Chaque partie était précédée d'une interview de M. Patrick Le Lay, PDG de TF1 et de M. Yves Boisset, le cinéaste.

Projet d'une série télévisée. 6 émissions sur le bagne sont en préparation, en collaboration avec DS.

France 2. Du fer dans les Epinards : invité dans l'émission de Christophe Dechavane le 18 avril dernier (meilleure audience depuis la création de cette émission), DS a malheureusement constaté lors de sa diffusion que la plupart de ses interventions avaient été coupées au montage.

Chronique de la télévision. Concernant la France et l'année 1993 voici ce qu'une encyclopédie consacrée aux principales émissions de télévision dans le monde écrit : "L'erreur judiciaire ou l'affaire Seznec. France. C'est l'une des affaires judiciaires les plus troublantes des années 20. "C'est" et non pas "ce fut" car les descendants de Guillaume Seznec continuent de se battre pour enfin reconnaître son innocence. Une quête qui, à elle seule, mériterait un film. Pour "L'Affaire Seznec", téléfilm en deux parties d'Yves Boisset, que diffuse TF1, nous en resterons à ce crime sans cadavre qui valut à ce Breton (incarné par un Christophe Malavoy remarquable) une condamnation au bagne. Reconstitué, l'acharnement judiciaire est terrifiant. "

Les 4, 5 et 6 septembre, les principales chaînes de télévision (TF1, France 2, France 3, ARTE, LCI, M6, Canal+, RTBF, etc.), les radios et l'ensemble de la presse écrite ont fait allusion à la "Loi Seznec", lors de leur couverture de la libération d'Omar Raddad.

Internet

Depuis sa mise en place, en février, le site Internet de France-Justice a totalisé plus de 900 connexions provenant de différents pays (Etats-Unis, Allemagne, Canada, Espagne, Suisse, Irlande, Luxembourg, Japon, Grande-Bretagne, Danemark, Sénégal, Belgique, Portugal, Hongrie, Polynésie, etc.). Son contenu rédactionnel et iconographique est alimenté régulièrement par Stéphane Cohan. Site France-Justice : http://www.mygale.org/~fjustice/