L’homme à qui on va confier l’Affaire Seznec – en réalité, à cette époque, elle s’appelle encore l’affaire Quemeneur – est le commissaire Achille Vidal.

C’est un méridional imposant, volubile, qui jouit d’une certaine notoriété pour avoir démêlé avec brio des affaires criminelles récentes.

Son principal adjoint est l’inspecteur Pierre Bonny.

Avec sa barbiche noire, sa canne, son accent du midi et ses grand gestes, le commissaire Vidal manipulera l’Affaire à sa guise pour faire de Seznec le coupable idéal. Un témoin au procès déclarera que Vidal était en relations intimes avec les témoins.

Concernant la demande en révision du procès, un complément d’informations sera décidé par le parquet. Ce sont les mêmes commissaires et inspecteurs de police qui seront nommés pour enquêter eux mêmes sur… leur propre enquête ! Ainsi, Vidal se déplacera plusieurs fois à Morlaix pour rendre visite à Marie-Jeanne, la femme de Guillaume Seznec. Se montrant très bienveillant, il lui promettra pratiquement de l’aider dans son combat. Mais le masque ne tardera pas à tomber : fini l’amitié, la compréhension, la bienveillance ! Le policier lui lancera sans ménagements que ses efforts pour faire réviser le procès de son mari sont vains. Ces pressions n’intimideront pas Marie-Jeanne qui continuera à se battre. Elle s’appliquera même, afin de garder toutes ses chances de son côté, à conserver de bonnes relations avec le commissaire Vidal.