La garde des Sceaux Christiane TAUBIRA a ordonné aujourd’hui qu’une inspection » soit diligentée après la destruction de scellés dans l’enquête sur l’assassinat du magistrat français Bernard BORREL, retrouvé mort près de Djibouti en 1995. La ministre de la Justice « a immédiatement saisi l’Inspection générale des services judiciaires » et « prendra les décisions qui s’imposent au vu des conclusions de cette inspection », selon le communiqué de la Chancellerie.

L’avocat d’Elisabeth BORREL, Me Olivier MORICE s’est ainsi exprimé ;

Des scellés « importants » ont été détruits par les services judiciaires, « compromettant la poursuite de l’enquête » sur l’assassinat du magistrat français Bernard BORREL, retrouvé mort près de Djibouti en 1995, …Parmi ces scellés, un briquet, une sandale et des bidons d’essence retrouvés sur les lieux. « C’est un désastre judiciaire ».

Il faut rappeler que l’ancien  Procureur de Lisieux Bernard BORREL, magistrat détaché à Djibouti, avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, le corps en partie carbonisé, en contrebas d’un ravin, à 80 km de Djibouti. L’enquête française, qui avait d’abord privilégié la thèse du suicide, s’est ensuite orientée sur celle d’un assassinat. La Cour d’appel de Paris avait demandé en septembre que de nouveaux actes soient effectués notamment l’analyse d’une sandale, d’une trace papillaire sur un briquet et du carburant utilisé pour l’immolation.

Pour sa part, Elisabeth BORREL a déclaré : « C’est une tentative d’assassinat du dossier qui pourrait compromettre la condamnation des auteurs », La veuve du magistrat n’a jamais caché que l’assassinat de son mari est « un crime d’État qui pourrait impliquer l’actuel président djiboutien, Ismaïl Omar GUELLEH, à l’époque chef de cabinet du Président Hassan Gouled APTIDON. (source FIGARO)

FRANCE JUSTICE qui soutient le combat d’Elisabeth BORREL, met en ligne la communication faite par le bureau du comité de soutien pour la vérité sur l’assassinat du juge Bernard BORREL

Qui protège les assassins du magistrat BORREL ?

Nouveau rebondissement et quel rebondissement dans l’affaire BORREL : des objets placés sous scellés et essentiels à la poursuite de l’enquête ont été détruits, soi-disant accidentellement avant même la moindre enquête !

Après l’assassinat déguisé en suicide, après une campagne de désinformation nauséabonde, après le refus de déclassifier des documents sensibles sous couvert du secret-défense, 20 ans d’instruction judiciaire n’ont toujours pas permis de savoir par qui et pour quoi le magistrat Bernard BORREL a été assassiné le 18 octobre 1995 alors qu’il était en mission à Djibouti. Le combat courageux d’Elisabeth BORREL, la ténacité de ses avocats et la sagacité de plusieurs journalistes n’auront pas encore eu raison de la dé-raison d’Etat.

Car enfin, comment expliquer que dans cette affaire qui dure depuis 20 ans, c’est toujours la veuve de la victime qui a porté l’action publique et jamais le Parquet ?

Comment expliquer que les pouvoirs publics aient cherché à étendre le secret défense à de nombreux lieux de pouvoir, projet de loi retoqué par le Conseil Constitutionnel ?  Comment expliquer que nombre de responsables politiques et militaires sachent précisément ce qui s’est passé ce 18 octobre 1995 et pas Elisabeth BORREL et ses enfants ?

Quand on voit tous les moyens mis en œuvre pour empêcher que la vérité sur cette « ténébreuse affaire » ne soit connue, cette affaire d’Etat apparait de plus en plus comme exemplaire de la dé-raison d’Etat.  Le comité de soutien pour la vérité sur l’assassinat du juge BORREL est plus que jamais aux côtés d’Elisabeth BORREL et de ses enfants dans son combat tenace et courageux pour connaître la vérité et pour que justice leur soit rendue.

« Dans la paix comme dans la guerre, le dernier mot appartient à ceux qui ne se rendent jamais ». Albert Camus

Fait à Lisieux le 12 novembre 2015  Le bureau du Comité.

Affaire BORREL : la vérité sur la mort de l’ancien procureur de Lisieux

Alain TOURRET, député du Calvados et co rapporteur avec Georges FENECH de la loi du 20 juin 2014 portant réforme de la procédure de révision et de réexamen  des condamnations pénales, a interpellé le gouvernement en ces termes.

« Tout fut fait dans un premier temps par les autorités djiboutiennes, sans résistance aucune des autorités françaises, pour accréditer la thèse du suicide », rappelle Alain TOURRET, député du Calvados. « Il est aujourd’hui acquis, sans contestation possible, que le Procureur BORREL a été assassiné. »

L’élu a ainsi demandé que soit ordonnée la » déclassification « de tous les documents couverts par le secret d’État qui permettraient de faire la vérité sur la mort du magistrat ».