Voici le mail reçu ce lundi 20 août 2012 à France-justice :

« Etant une amie de longue date de Michel GAUDIANI, et connaissant parfaitement ses « dossiers » en cours et sachant l’amitié qui vous unissait, je me dois de vous informer que Michel a mis fin à ses jours mardi dernier. Il ne pouvait plus supporter les injustices. L’inhumation aura lieu cet après-midi (lundi 20 août) à 14 h 00 au cimetière de Pantin. Je pense qu’il ne souffrira plus. Paix à son âme. Seuls son fils et son frère devraient être présents. Désolée de vous apprendre une telle nouvelle. Françoise J. »

Voici la réponse aussitôt adressée :

« Très chère madame. Je suis abasourdi. Michel souffrait terriblement de l’injustice qui l’avait frappée. Il croyait (naïvement) que la justice reconnaîtrait son injustice. Celle-ci n’existe que pour les puissants. Honte à elle. Dites à son fils et à son frère combien il restera dans mon cœur et que celui-ci est profondément avec eux. Je me permets de vous embrasser. Denis Seznec »

Nous avions dénoncé ce déni de justice dans notre circulaire n°18 et tous ceux qui sont venus à nos AG annuelles se souviendront de lui car il y venait souvent évoquer son « affaire ».

Rappelons simplement que Michel Gaudiani, une nuit de juillet 1994, à 2h30 du matin, portait assistance à sa femme Jacqueline (76 ans) en danger de mort en faisant face à deux attaques directes – chez lui – par un groupe de jeunes individus issus de la « communauté des gens du voyage », Michel Gaudiani avait tiré dans leur direction à l’aide d’un fusil. Malheureusement cet état de légitime défense avait débouché sur la mort de l’un des forcenés (connu des services de police) qui succombera, atteint par une balle perdue.

Pourtant Michel avait alerté la police auparavant mais celle-ci ne venait pas (par manque d’effectif) c’est ainsi qu’il avait dû faire usage d’un fusil pour faire fuir ses agresseurs.
C’était sans compter surtout sans la décision d’un jury qui, en 1998 – soit plusieurs années après les faits — refusait cette « légitime défense » (disproportion entre l’attaque et la défense !). Retenant que l’homicide volontaire ce jury condamnait Michel Gaudiani – et malgré son âge – à cinq années d’emprisonnement !

En prison, malgré ses nombreux appels, seul DS lui écrira. Le JAP (Juge d’Application des Peines déclarera alors en lui remettant cette lettre : « Vous avez alerté la bonne personne ») et le libérera. Remis en liberté conditionnelle grâce à ce juge clairvoyant, bannis de sa maison et du département – « pour sa sécurité… » -, ruinés par les frais d’avocats, Michel et Jacqueline Gaudiani ne cessèrent alors de dénoncer les nombreuses anomalies qui avaient émaillées l’enquête. C’est celle-ci qui, en effet, avait conduit les jurés à écarter la légitime défense.

Depuis sa sortie de prison, il n’avait de cesse de réclamer la révision de son procès. D’autant plus que la justice lui avait interdit de retrouver son pavillon de Sainte-Geneviève-des-Bois pendant 30 ans sous prétexte qu’il jouxtait une maison occupée par la communauté citée plus haut. Patrick Devedjian, maire d’Antony, alerté par France-justice, l’avait donc relogé, lui et son épouse, dans une HLM.

Michel Gaudiani, ancien de la 2° DB, voulait encore croire en des valeurs républicaines qu’il avait défendues au péril de sa vie dans la Résistance. Son seul espoir était d’être entendu par la Chancellerie. Sourde depuis longtemps nous savons à France-Justice qu’elle n’agit plus qu’en faveur des puissants. Honte à tous ceux qui auront conduit Michel à faire ce geste fatal.