Nous reproduisons ci-après 2 articles à lire dans leur intégralité.

Denis Seznec, présent aux journées d’été de Marine Le Pen
L’Express.fr – Par Romain Rosso, publié le 11/09/2011 à 15:13

Le petit-fils de Guillaume Seznec est là à l’invitation de Gilbert Collard, président du comité de soutien de la présidente du FN. Il affirme qu’il ne cautionne pas les idées de Marine Le Pen.

Ce dimanche matin, au deuxième jour des journées d’été de Marine Le Pen, un invité discret s’est glissé dans la salle du palais des congrès de Nice: Denis Seznec, le petit-fils de l’ancien bagnard Guillaume Seznec.

Le président de France-Justice, une association qui tente d’obtenir la révision du procès de son aïeul et, au-delà, lutte contre les dysfonctionnement de la machine judiciaire, est venu écouter le discours de l’avocat Gilbert Collard, président du comité de soutien de la candidate du Front national. « Ma présence n’est en aucun cas une caution à Marine Le Pen, déclare Denis Seznec à LEXPRESS.FR. Je suis là à l’invitation de Gilbert Collard, qui m’a toujours soutenu. C’est un membre important de notre association qui comprend des personnalités de toutes obédiences. »

Accompagné de son épouse, Denis Seznec est en vacances dans la ville voisine de Cannes. « Gilbert Collard le savait et a insisté pour que je vienne », confie-t-il, précisant qu’il était aussi « curieux d’entendre ce que pensent ceux qui représentent 15 à 20% de l’électorat sur le sujet de la révision. Et Collard est important dans le dispositif. »

Evoquant l’affaire d’Outreau dans son allocution – véritable plaidoirie en faveur de Marine Le Pen – le pénaliste a souhaité, si celle-ci était élue à l’Elysée, qu’elle « dote le chef de l’Etat du droit de révision » pour lutter contre les injustices. France-Justice a entamé une démarche pour que François Mourmand, mort en prison sans avoir été réhabilité, soit lui aussi indemnisé. « Les juges ne se remettent jamais en question », dénonce Denis Seznec. Collard a accepté de défendre ce dossier à titre gracieux. A la tribune, il n’a cependant pas cité l’affaire Seznec. « A ma demande », précise Denis Seznec.

Soucieux de ne pas brouiller son image, ce dernier indique avoir décliné l’invitation à déjeuner en compagnie de Gilbert Collard et de Marine Le Pen. Il a quitté le palais des Congrès dans la matinée. Il devrait toutefois rencontrer la présidente du FN « officiellement » dans les prochains mois, lors de la tournée qu’il prévoit d’effectuer avec les neuf membres du bureau de France-Justice (parmi lesquels l’huissier d’Outreau Alain Marécaux). L’association compte demander à chaque candidat à la présidentielle de 2012 des réponses précises sur la justice.

 

FN : opération ralliements
Valeurs Actuelles – Par Arnaud Folch le jeudi 15/09/2011

Président du comité de soutien de la candidate FN, Gilbert Collard promet des “sur­prises”. Enquête.
C’est à la mi-octobre que sera dévoilée la liste provisoire du comité de soutien à Marine Le Pen : entre 200 et 300 noms de personnalités extérieures au FN. Objectif, d’ici à la fin de campagne : l’organisation d’un « banquet des mille ». Yves Bertrand, l’ancien patron des Renseignements généraux, ne devrait pas y par­ti­ciper. « Je n’ai jamais dit que j’allais adhérer au Front ou voter pour Marine Le Pen », affirme-t-il. Il n’empêche : son interview sur le site Causeur.fr appelant à la “dédiabolisation” du FN en même temps que se déroulaient ses “journées d’été” à Nice a relancé le débat sur les relais, hors Front national, de la candidate : « Marine Le Pen est quelqu’un de respectable et elle devrait pouvoir participer pleinement au débat politique, a-t-il expliqué à Élisabeth Lévy. Elle est victime d’une diabolisation injuste et absurde […]. Il faut en finir avec la politique dite du “cordon sanitaire”. »

Si l’ex-“grand flic” n’a pas adhéré au comité de soutien présidé par l’avocat Gilbert Collard, ses propos ont particulièrement « réjoui » ce dernier : « C’est un coup de pouce qui participe à notre désenclavement, explique-t-il. Plusieurs personnes qui hésitaient à rendre public leur vote en faveur de Marine m’ont appelé et m’ont dit “banco” ! Il y aura des surprises… »

Pas facile, pourtant, de convaincre les personnalités de se dévoiler : « Regardez ce qui est arrivé à Denis Seznec [très médiatique défenseur de la mémoire de son grand-père, condamné en 1924] : il est venu à Nice parce que c’est un vieux copain, et aussitôt tous les journalistes lui sont tombés dessus ! Alors qu’il n’est même pas membre du comité de soutien ! » Lui-même, raconte-t-il, a été l’objet d’une « entreprise de démolition » depuis l’annonce, il y a trois mois, de son ralliement à Marine Le Pen : « menaces, pressions, sup­pression de l’une de mes émissions à la télévision… » Sans compter, ajoute-t-il, « les mots, forcément déplaisants, que l’on met dans ma bouche : ce week-end à la tribune, j’ai évoqué un “Par­lement qui parle”, c’est devenu un “Par­lement qui bave” dans un quotidien du soir ! » Selon Me Collard, c’est la « peur » de subir un tel traitement qui explique que nombre de ses amis n’osent pas franchir le pas : « Beaucoup, notamment chez les plus célèbres, me disent : “Gilbert, on pense comme toi, mais on ne peut pas le dire, sinon c’est le pilori.” Je leur réponds que la personnalité de Marine, comme la situation du pays, impose d’avoir du courage… »

Une actrice célèbre, un ex-pilote de rallye…
Ils seraient aujourd’hui « près de 200 » à avoir accepté de signer le formulaire rédigé par Gilbert Collard : « Je soussigné…, réaffirmant mon attachement aux valeurs républicaines et à la défense des droits de l’homme, adhère au comité de soutien de Marine Le Pen. » « C’est une démarche très importante, car elle nous permet à la fois d’élargir notre base électorale et de nous inscrire dans la logique des institutions, souligne Louis Aliot, le vice-président du FN : Marine n’est pas la candidate d’un parti, elle est soutenue par lui… et par d’autres. » Parmi ceux-ci, dit-on : une actrice célèbre, un ancien leader de la Patrouille de France, un ex-cham­pion de rallye automobile…

Ancien maire UDF du IIe ar­ron­dis­sement de Paris, Alain Dumait s’apprête à les rejoindre : « Le temps venu, je le ferai », dit-il. Cofondateur de l’association Contri­buables associés, il participait à Nice à une table ronde sur la “démocratie directe” sur le modèle suisse. Alain Dumait sera en outre can­didat, avec le soutien du FN, aux élections sénatoriales parisiennes : « Il est grand temps de mettre fin à l’ostracisme dont est victime un tiers des électeurs de la droite, qui se retrouvent dans les propositions du Front national, écrit-il dans sa profession de foi. Qui peut s’imaginer que l’UMP, dans l’état où elle se présente aujourd’hui, puisse avoir la moindre chance de l’emporter seule ? »

Lui aussi présent aux “journées d’été” du FN, Paul-Marie Coûteaux, ancien collaborateur de Séguin et de Che­vè­nement puis eurodéputé villiériste, s’apprête de même à adhérer au comité de soutien. Actuel président du Rif (Rassemblement pour l’indépendance de la France), il s’en explique : « Nous, les souverainistes, sommes orphelins de Séguin, Pasqua et Villiers. Je reste un ami de Nicolas Dupont-Aignan, mais je soutiendrai Marine Le Pen au nom d’un double principe de réalité : commandé par nos idées communes sur l’Europe et la situation de la France. » Il prédit d’autres ralliements dans son entourage.